3. Épisode 3 – Bonjour Shanghai!


<!–[if gte mso 9]> Normal 0 21 MicrosoftInternetExplorer4 <![endif]–> On vit maintenant à Shanghai. On peut dire qu’on vit dans une ville à partir du moment où on a un abonnement dans un gym de la place, qu’on va chez Ikea pour meubler et décorer son appartement, que le commerçant au marché de fruits en bas de chez nous nous reconnaît et s’amuse avec notre manière de parler le putonghua (le mandarin, dit en mandarin!) et que, finalement, lorsqu’on traverses la rue, on n’a plus à se soucier des mobilettes et des vélos qui arrivent dans la direction opposée parce que de toute manière, on s’y attend.

À comparé avec Dalian, la vie ici est beaucoup plus agréable. À long terme, sur le plan culturel, Dalian était une impasse pour moi. Alors vivement Shanghai! Je marche dans la rue et j’ai peine à croire parfois que je suis rendue ici pour réaliser un rêve : exposer mes toiles dans cette mégapole. Je me pince et j’ai vite fait de me réveiller car ça va tellement vite, ça grouille tellement! Pour une fille de Chicoutimi-Nord, qui avait peur de Montréal et qui avait choisi pour lieu de retraite le Lac-Delage, j’en ai fait du chemin et je suis passée d’un extrême à l’autre. Habiter dans une ville de 17 millions d’habitants, ça dépasse tout ce que j’ai pu imaginer jusqu’à maintenant. Sauf que là où j’habite, au cœur de l’ancienne concession française, je n’ai pas du tout l’impression de vivre dans le chaos d’une mégapole. Au contraire. Ça ressemble à une vie de quartier en ville : la vie du plateau Mont-Royal que mon chum dit. Pensez pas qu’on se tire un rang pour autant, comme on dit par chez nous. Non. Mais vraiment, je suis surprise de trouver ça super chouette et très stimulant.

La transition s’effectue à merveille. Pour le déménagement, ça été compliqué en partie par contre. Cinq heures pour embarquer 50 boîtes dans un camion et mettre le cadenas dessus, ça dépasse l’entendement. Additionnez à cela une vingtaine d’heures de route, pas pour nous mais bien pour le chauffeur qui a conduit le camion de déménagement jusqu’à Shanghai. Celui-ci a dû entrer dans la ville avant 8h le matin et en ressortir à 20h le soir. Sinon, il aurait eu une amende à payer. C’est comme ça : le débit du trafic est contrôlé. Tous nos effets personnels se sont rendus en bon état et le chauffeur est allé chercher des gens du voisinnage pour l’aider à débarquer le tout. Admettons que ce n’était pas le Clan Panneton mais on est bien heureux d’avoir vécu cette expérience sans trop de soucis.

J’ai enfin pu déballer de mes boîtes ce que j’avais fait expédier du Canada : mes tubes de peinture, mon papier, mes crayons et tout mes autres outils de travail. Heureusement que je ne peins pas à l’huile, mes tubes n’auraient pas passé les douanes. Raison : matières dangeureuses! Je suis aller m’acheter un chevalet, j’ai rangé mon espace de travail et hop! L’atelier est maintenant prêt à accueillir les nouvelles idées qui se traduiront en croquis puis en toiles dans les prochains mois. Pas de temps à perdre. Deux ans, c’est vite passé. C’est pourquoi je me suis immédiatement mis au boulot d’abord en planchant sur les commandes spéciales que j’ai recueillies à la suite de mon exposition (voir dans mon site Internet, section commandes spéciales), que je me suis engagée à livrer au Canada en avril prochain.

Aussi, je me suis mise à dessiner toutes sortes de nouvelles réalités que ma main ne connaît pas : des fruits qui n’ont pas encore de noms en français dans mon vocabulaire, des marchés aménagés en bric-à-brac, les longtangs, ces ruelles qui donnent sur les cours intérieures des quelques rares maisons pitoresques qu’il reste à Shanghai, etc. La sensation de dessiner autre chose que ce que je connais (les arbres, l’eau, des kayaks!) est vraiment spéciale. Je me retrouve à la fois dans une zone inconfortable et stimulante. J’apprends beaucoup sur moi-même, simplement qu’en observant mon adaptation sur ce plan.

Ce que je vois en marchant dans la rue

Je rencontre des gens qui s’installent pour vendre des trucs diversifiés –et copiés– étendus sur une couverte, sur le trottoir : semelles de chaussures, peignes à cheveux, bijoux, pantouffles, jeux vidéos, etc. Ça coûte moins de 1$ pour mettre la main sur les derniers jeux Xbox, même chose pour les derniers films en salle. À chaque jour, ce ne sont pas les mêmes vendeurs. Il semble y avoir une rotation. Et puis, il y a ceux qui vendent de quoi se mettre sous la dent. J’apprécie particulièrement l’odeur des patates sucrées du type qui est souvent au coin de Shanxi Lu et Fuxing Lu.

Stand à patates chinois
Stand à patates chinois

Sur son baril de métal qu’il utilise en guise de BBQ, il fait griller des patates douces. Vous savez, celles qui sont de couleur oranger? Mmm, ça sent bon! Il fait aussi du blé d’inde. Comme ça, sur un coin de rue hyper achalandé, on a accès à un stand à patates, version chinoise!
Il y a aussi le type qui presse de la tige de canne à sucre  pour en extraire le jus. Sa machine repose dans une sorte de brouette qu’il fixe à son vélo et sa presseuse ressemble aux essoreuses à linge de nos grands-mères (rouleaux rotatifs).

Presseur à jus de bambou
Presseur à jus de canne a sucre

Finalement, que dire de l’odeur des marrons qui cuisent dans la braise avec un soupçon (!) de sucre. Lorsque leur cosse est fendue, ils sont prêts à dévorer. Quand j’étais petite, je vendais des noisettes au sac. Mon père m’aidait à retirer la cosse poilue et piquante et je les vendais 2$ le sac. Pour un sac de la même grosseur qu’un sac de noisettes et pour le même prix, j’achète aujourd’hui des marrons  à Shanghaï!

Le soir, on voit souvent des gens marcher dans la rue en pyjama. Ces temps-ci, c’est en pyjama doublé, parce que la plupart des maisons ne sont pas chauffées et qu’il fait en moyenne zéro degrés Celcius. À Beijing, j’avais découvert les hutongs, qui sont les ruelles des quartiers typiques de la ville. À Shanghai, on les appelle les longtangs.

Les longtangs de Taikan Lu 1
Les longtangs de Taikan Lu 1

Elles sont plus étroites et sinueuses. Ce sont les gens de la place qui y habitent mais aussi, on retrouve parfois au troisième étage de ces maisons, des appartement cossus qui n’annoncent en rien leur valeur, vue de l’extérieur. Dans le quartier de la rue Taïkan (on dit Taïkan Lu), les propriétaires de ces lieux louent leurs maisons à des commerçants, à des restaurateurs, à des créateurs. C’est vraiment génial de découvrir ces longtangs en papillonnant d’une boutique à l’autre, car on y trouve toutes sortes de choses : bijoux tibétains, objets et vêtements de créateurs chinois, souvenirs, etc.

Les longtangs de Taikan Lu 2
Les longtangs de Taikan Lu 2

Face à ces lieux transformés visiblement pour attirer le porte-feuille des touristes, on peut avoir deux réactions : se désoler qu’ils soient pour cette raison désertés des Chinois eux-mêmes, qui normalement y sortaient faire leur lavage dans un évier communautaire, y susprendaient leurs vêtements à sécher ou y faisaient à manger pour tout le voisinnage de même qu’aux passants. Dans ce cas, on se désole. Par contre, en regardant les récentes tours à bureaux et à appartements qui s’érigent devant Taïkan Lu, ainsi que la grue qui menace par son imposante présence, on peut se réjouir qu’il reste de Shanghaï un peu d’histoire grâce aux commerçants.

Les longtangs de Taikan Lu 3
Les longtangs de Taikan Lu 3

Visite de galeries

Je classerais les galeries que j’ai visitées jusqu’à maintenant sous trois catégories :

  • les faussaires
  • les résidences
  • les classiques

Je suis entrée dans des galeries où je voyais des œuvres que j’avais vu ailleurs, dans d’autres galeries et, assis derrière une toile, photo d’une œuvre connue à la main, un artiste qui la copiait sur place et sans vergogne, pour la revendre. Pas certaine que l’auteur reçoit son dû sur ses droits d’auteurs dans ce cas-ci, à vérifier.

Beaucoup de galeries, je dirais le tiers de celles que j’ai visitées et qui sont annoncées dans les répertoires touristiques, ne sont en fait que des manufactures à copies. Ce sont, selon toute vraisemblance, de jeunes artistes chinois qui copient leurs pairs. L’art contemporain domine ici mais il ne s’exprime pas que par l’art abstrait. J’ai remarqué que les personnages sont très populaires et qu’ils sont super expressifs : visages souriants ou personnages riant à gorge déployée, animaux avec des têtes d’humains, décors surréalistes avec de nombreux personnages entrechassés. Les couleurs sont vives, voir polarisées, le traitement est souvent mécanique, c’est-à-dire qu’on sent l’œuvre très près de la photo de référence. Je n’aime pas lorsque la technique domine sur l’essence que l’artiste aurait pu transmettre. Les Chinois, comme n’importe quelle nationalité d’ailleurs je crois, ont cette capacité de transmettre avec sensibilité leurs émotions. Mais dans l’art visuel chinois, je n’ai retrouveé cette qualité que dans de rares exceptions à venir jusqu’à maintenant.

Il y a aussi les quartiers d’artistes, qui sont d’anciens lieux désaffectés. Le M50, sur Moganshan Lu en est un bel expemple. En retrait, pas très évidents à trouver puisque logés au milieu de longtangs, ces quartiers  ont été réaménagés pour accueillir de nombreux ateliers-galeries. Ils sont parfois habités par les artistes eux-mêmes. Ils créent pour le visiteur une opportunité qui vaut le déplacement. Nous avons ce genre de regroupements au Québec; je pense au studio d’une copine à Limoilou qui est dans un ancien garage avec d’autres artistes. Encore très underground comme concept. La principale différence est qu’ici, ces lieux ne sont pas chauffés ni climatisés et comme ils sont tout faits de béton, il y fait très froid ou très chaud, selon la saison. De plus, le prix des loyers monte selon la popularité des artistes. Ce qui fait en sorte que ceux-ci deviennent victimes de leur succès et doivent trouver d’autres lieux où faire la promotion de leur art, à ce qu’il paraît.

Les galeries plutôt classiques, celles qui ressemblent le plus à ce qu’on connaît au Canada, ont une devanture de commerce attirante avec de grandes fenêtres, une salle de montre au rez-de-chaussée et souvent, une autre au deuxième étage. Elles ont la majorité du temps une section destinée à l’encadrement et vendent aussi des reproductions imprimées comme des sérigraphies et des giclées. Je remarque toutefois que la variété des styles et des artistes est limitée. De plus, selon ce que j’ai vu au cours de mes recherches dans l’Internet et en galerie, très peu offrent les œuvres d’artistes étrangers. Mais je ne me laisse pas intimider par cet état de fait. Je trouverai bien l’endroit idéal où exposer et vendre mes toiles à Shanghai. Étrangement, les plus belles œuvres à mon avis, celles qui m’ont vraiment touchée par leur authenticité, n’étaient pas exposées ni en galerie, ni ailleurs dans ce que j’ai cité. Elles étaient exposées parmi d’autres babioles à vendre, dans de petits commerces d’articles déco faits main pour la maison par exemple, ou dans un kiosque quelconque, dans un marché central, dans le hall d’entrée d’un resto chic. C’est très in à ce qu’il paraît pour un artiste de faire un vernissage dans un restaurant chic, surtout s’il est situé dans le Bund, le quartier branché de Shanghaï.

J’ai encore beaucoup d’interrogations par rapport au marché de l’art ici. Je souhaite entrer dans un réseau d’artistes chinois et étrangers pour pouvoir répondre à mes questions sur ce commerce, afin de me faire une meilleure idée de mes chances de réussites ici.

Chambre de commerce canadienne en Chine

Trois jours après notre arrivée à Shanghai, on est invités par un ami au souper de la Chambre de commerce canadienne de Shanghai : le Canuck Connection Christmas Dinner. Ça s’est déroulé au Grand Hayatt, à Pudong. Pudong qui est, supposons, le « 450 » de Shanghai, ou encore, le Lévis de Québec, ou tiens, mieux : le Chicoutimi-Nord de Chicoutimi! À chacun ses références…

Soirée très agréable où des Canadiens qu’on va appeler de souche et des Canadiens d’origine chinoise se côtoyaient dans une ambiance familiale. Plusieurs étaient venus avec leurs enfants et certains avaient préparé de petites prestations musicales qu’il ont fait pendant le cocktail. J’ai eu l’honneur d’être présentée par notre ami à la Consule canadienne, Mme Susan Gregson, qui s’exprime dans un français tout à fait convenable. Elle a d’ailleurs, je tiens à le dire, été la seule intervenante pendant l’animation, à s’adresser au public en français et en anglais, nos deux langues officielles au Canada, dois-je le rappeler? Dans la salle, par acclamation, le président de la Chambre a demandé à chaque province de se faire entendre. Je crois que c’est la Colombie-Britannique qui a crié le plus fort. Après, ex-eaquo, le Québec et l’Ontario. Peu ou pas de monde des autres provinces. J’ai aussi été présentée au représentant du Québec à Shanghai, M. François Gaudreault, et à une cohorte de Québécoises dont une femme de Normadin qui avait gardé son accent de Bleuet! Hi! Ha! Comme dirait l’autre. C’est pas parce qu’on est en Chine qu’on oublie d’où on vient et encore moins les expressions qui nous sont chères.

Finalement, on s’est fait quelques contacts ce soir là qui constitueront, je l’espère, la base de mon réseautage.  S’il y une chose que j’ai apprise avec le Cercle d’affaires des Bleuets, mais aussi comme athlète, c’est l’importance d’avoir un réseau parce que seul, on accomplit rien. Alors j’en suis à ma troisième rencontre à la suite de cette soirée et je dois dire que tout le monde que j’apprends à connaître est très aimable et aidant. Entre Canadiens ou entre Québécois, il y a je pense une belle solidarité ici. C’est ce que je serai à même de valider en adhérant à la Chambre dès janvier 2009.

Visite chez le coiffeur

Avec ma petite coupe de cheveux courts, je passe chez le coiffeur plus souvent, depuis un an, que dans mes dix dernières années passées chez ma mère, elle qui est coiffeuse. Elle avait un salon de coiffure à même la maison, alors ça été mon premier emploi : ramasser au balai les cheveux. Ensuite, j’ai pris de l’expérience; je lavais les têtes. Plus tard, j’ai appris à défaire les bigoudis, puis surtout, je passais des heures à regarder ma mère coiffer et couper les cheveux. Il faut dire que j’apprenais également à imiter les clientes avec mon frère. Je jouais à l’improvisation dans ce temps-là.

Bien loin de ces souvenirs d’adolescence, je suis en Chine et je veux me faire couper les cheveux. Une nouvelle copine me donne un tuyau, en m’assurant qu’on parle anglais à cet endroit. Essentiel à ce stade-ci de mon immersion. Donc en entrant, je constate que c’est pareil à un salon de coiffure standard. Sauf qu’il y a deux personnes qui m’accueillent : l’une m’ouvre la porte et l’autre me tend la carte des tarifs, comme au restaurant. Je la consulte et j’y retrouve de mémoire ceci :

  • Hair cut – Stylist junior—150 RMB (plus ou moins 30$)
  • Hair cut – Stylist -250 RMB
  • Hair cut – Stylist Designer-350 RMB

Pas tellement rassurée, je me sens obligée de prendre le top du top, question de ne pas me faire gâcher la tête par un débutant en stage ou que sais-je? Finalement, ça va de soit puisque le « stylist designer » est le seul coiffeur à parler anglais dans la place.
Au lavabo, j’aime pas du tout le type de lavage de tête interminable avec les ongles qu’un jeune homme me fait. Ok, je m’assume, je suis une cliente détestable et difficile quand je le veux. Est-ce que je vous ai dit que j’ai lavé des cheveux dans un salon déjà? Je me suis mordue les lèvres pour ne pas lui dire… Le coiffeur, fort sympatique, est un Canadien d’origine Hong Kongnaise. Lorsqu’il coupe les cheveux, il ne cesse de faire aller dans sa main droite ses ciseaux, comme un cowboy dans les films du Far West, qui dégaine son revolver en le faisant tourner avant de tirer. Impressionnant. J’avais envie de lui demander : connais-tu Lucky Luck?

Le jeune homme qui m’a gratté la tête pendant deux shampoings et un revitalisant a pour rôle, aux côtés de Lucky Luck, avait pour tâche de tenir mes couettes. Vous  avez bien lu. Il tenait mes couettes, plutôt que de mettre une pince pour séparer mes cheveux pendant la coupe, le coiffeur utilisait ce jeune homme, que je présume être un apprenti, en guise de pince à cheveux(!). Connaissez-vous un seule jeune de la génération Y au Québec qui ferait ça dans un stage de coiffure vous autres? Chez nous, il y a parfois des différences sur la liste des prix entre un coiffeur qui sort de l’école et un autre qui a dix ans d’expérience. Mais est-ce qu’un apprenti accepterait de servir de pince à cheveux…j’ai des amis dans le monde des affaires qui, dans l’entreprise où ils sont, ont du mal à leur faire faire des photocopies! Pour le moins qu’on puisse dire, ils commencent vraiment en bas de l’échelle ici et ils ne s’en portent pas plus mal on dirait.

Je ne voudrais pas passer sous silence les tendances mode, du point de vue « capillaire » si je peux m’exprimer ainsi. Quand le coiffeur m’a demandé d’emblée si je voulais une permanente, j’ai souri. Ça fait 15 ans que j’ai pas eu de permanente et on peut pas dire qu’au Québec, ce soit très populaire. Si la mode de Shanghaï est garante de celle qui s’en vient au Québec, ça reste à voir, préparez-vous mesdames à retourner sous les bigoudis (messieurs aussi). J’entends les sceptiques : des Chinois aux cheveux frisés? Eh oui. Les jeunes filles portent les cheveux longs jusqu’au milieu du dos, la frange lisse et épaisse, le reste frisé aux rouleaux gris (commentaire pour les initiés). Plusieurs hommes d’âge mur se font friser le dessus de la tête, tandis que les jeunes préfèrent la coupe Bon Jovi, version années 2000. Les cheveux gauffrés sont très in, tout comme la coloration. Un Chinois roux, ça surprend. Les filles quant à elles se font plutôt teindre châtain. Moi et ma coupe de cheveux courts, je fais partie des marginales et je dois dire que j’ai quelques collègues chinoises dans mon clan.

J’ai remercié le coiffeur pour cette proposition, qu’il ne s’en tienne qu’à la coupe. Je suis ressortie de là satisfaite de son travail et je pense que Lucky Luck va me revoir, comme un fidèle Dalton.

Visite chez le masseur

J’ai un vilain rhume, je n’en finis plus de me moucher et j’ai oublié de m’apporter du Tylenol grippe ou Néo Citran, qu’importe! Il y en a sans dout ici mais j’ai pas l’énergie pour aller faire des simagrées à la pharmacie pour me faire comprendre. Un bon massage pour faire passer le tout, faire sortir le méchant comme on dit. Athlète, je me suis entraînée dans différents pays et je me souviens avoir reçu des massages très durs pour le corps, notamment en Slovaquie. Le massage chinois auquel j’ai eu droit pour 80 RMB était de la même trempe. Aussi, tout comme c’était le cas pour moi en Slovaquie, je n’ai pas encore les mots (outre  « douleur ») pour exprimer ce que je ressens par rapport à la pression. Mais une petite surprise m’attendait…

Les Chinois croient aux vertus de la guérison par succion. Ça vous intrigue? La demoiselle m’a demandé en anglais, avec un gros accent chinois, si je voulais avoir un « coping massage ». J’ai fait le lien, incertaine d’avoir bien compris, avec la méthode de massage qui consiste à fermer la main comme une coupe et à faire des percussions sur les muscles. Alors j’ai dit oui. Elle s’est absentée, puis elle est revenue avec des petits cruchons ronds qui clinquaient dans un bac de plastic, avec un brûleur, une bouteille d’alcool et des pinces. Pour faire quoi pensez-vous?
Un ami m’a dit avoir reçu ce genre de « massage » et ça lui avait donné l’impression d’avoir des pierres chaudes dans le dos. Alors je l’ai laissée faire. À la manière d’une barmaid qui fait brûler le verre de sambuca de son client, la massothérapeuthe a fait brûler le rebord de chaque petit cruchon, avec de l’alcool. Elle s’empressait de me les coller dans le dos. Ayoye! Pas que ça brûle, mais ça succionne en ti-péché j’peux vous dire ça. Le premier m’a fait lever d’un bond. La demoiselle riait et disait que ça allait être bon pour mon rhume…elle voulait que je me détende. Elle m’a collé quinze cruchons au dos, la peau de mon dos était tellement étirée que j’avais l’impression d’être suspendue à une cordre à linge. Quand je bougeait un peu, les bocaux clinquaient, mais ils n’étaient plus dans le bac; ils étaient dans mon dos! Je m’imaginais l’allure, comme un alien de série B à qui on a bricolé un costume de fortune. Tant qu’à y être, que je me suis dit en riant de moi-même, il y a une chose que ça me rappelle et que je veux faire ici : ma sauce à spaghetti dans des pots Masson!!

Dix minutes de succion plus tard, elle m’a retiré le tout, semblant satisfaite du résultat. J’ai sursauté en me regardant dans le miroir : 15 pots masson dans le dos, ça fait, une fois enlevés, quinze « pucks » de hockey bleutés. Je ne riais plus. « Une semaine » que ça prend à partir m’a-t-elle dit. Ça été plus long que ça vous savez. Et mon rhume? Va savoir? Il n’était pas mieux pas pis après une semaine. C’est un rhume quoi! Pas certaine que la méthode soit concluante donc. Une chose est sûre; j’y retournerai pour souffrir, parce qu’il n’y a rien comme un bon massage en profondeur, mais je ne servirai plus de cobaye pour ses pots de sauce à spaghetti.

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