La peur, vue via l’aventure de l’adoption internationale


J’ai toujours considéré la peur comme un essentiel activateur du courage et de la détermination. C’est ma croyance. Elle m’a aidée jusqu’ici à surmonter bien des embûches.

Je lisais récemment le livre de l’auteure Québécoise Diane Lavoie, qui raconte avec humour et sensibilité le récit de l’adoption de sa fille, arrivée d’Haïti en trombes, après le terrible tremblement de terre d’une magnétude de 7,3 qui s’est produit en 2010. Elle s’était engagée pour adopter une enfant, sachant que le processus prendrait environ de 2 à 3 ans. Puis, six mois plus tard, sur le coup du séisme, le gouvernement a pressé les procédures pour faire en sorte que les enfants orphelins trouvent une famille sans délai. Elle raconte toutes ses peurs, la force qu’elle a du déployer intérieurement pour y faire face et les surmonter.

Depuis des mois, je m’alimente d’histoires d’adoption qui sont toutes aussi touchantes les unes que les autres. J’avais écouté à l’émission de télé Deux Filles le Matin l’histoire de l’adoption des enfants de France Beaudoin, animatrice télé et Nathalie Lambert, ex-athlète de patin de vitesse: leurs appréhensions racontée durant le processus, leurs défis et comment elles ont surmonté tout cela, arrivant à non seulement conclure l’adoption mais aussi à permettre à leur enfant de vivre une vie meilleure. Leur réussite m’a touchée. Quand je pense aujourd’hui à la cinquantaine d’étapes à franchir, à tous les formulaires à remplir et aux mains à serrer pour arriver à mon tour à franchir le fil d’arrivée de l’adoption internationale je me dis qu’il en faut du courage et de la détermination pour continuer d’avancer.

Je pense à une mère mono-parentale que je connais qui en a adopté deux et qui les élève seule depuis une dizaine d’années. Quelle admiration j’ai pour elle, me demandant quelles peurs surmonte-t-elle au quotidien? Le comble, trouvé récemment sur le web est cette mère qui en a adopté 12, dont 7 Chinois…là, ça dépasse toute comparaison. ‘Y’a pas photo’ comme le disent nos cousins Français car les peurs ici, semblent tout à fait maîtrisées.

Bref, tout ceci m’emmène à dire que la peur est je crois une fausse reine dans notre esprit. Elle se met en échec elle-même, dès qu’on lui fait face avec un plus grand défi que ce pour quoi elle nous averti. J’ai lu sur Facebook une citation de Deepak Chopra disant que la peur n’existe pas ailleurs que dans l’esprit. Pourquoi met-on autant d’importance dans nos vies à ce qui est dans notre esprit, alors qu’on a le pouvoir de régisseur, créateur de nos pensées? J’ai testé souvent le pouvoir de la peur à l’entrée des rapides, dont à mes derniers Championnats Mondiaux en France, en 2012, et son effet instantané sur le manque d’équilibre que ça causait à mon embarcation. J’avais chuté à quelques reprises avant d’arriver à faire face à ma peur du rapide et de lui avoir dit simplement:

‘Merci pour l’avertissement face au danger, maintenant laisse-moi être le libre arbitre en décidant de m’amuser sur cette rivière.’ La peur ainsi devient activateur de courage.

Presque tous s’entendent pour dire qu’on transpose ce qui est dans notre esprit et on le matérialise dans nos vies. Par conséquent, nos pensées ont un pouvoir énorme sur nos destinées et celles-ci sont supportées par nos croyances (tous des matériaux distincts avec lesquels on travaille en coaching pour supporter les gens à atteindre leur plein potentiel).

La question essentielle que je me pose en ce moment est: et si la vie était vécue sans peurs, serait-elle aussi excitante? Dans quoi peut-on trouver l’exaltation de la vie autrement qu’en ayant peur de ne pas finir un marathon et le fait de le terminer malgré cela, de faire pousser des légumes sans perdre sa récolte et de cuisiner un potage provenant de son potager à l’automne, de s’engager dans le processus d’adoption d’un enfant tout en lui permettant de s’épanouir et de l’inscrire à l’école au premier jour, après que le tampon ‘approuvé’ ait été mis sur son dossier par les gouvernements en cause? La peur, tout comme le doute, font partie de l’aventure. Mais l’importance qu’on y accorde dépend de notre force mentale, qui affecte notre émotivité, qui à son tour affecte notre raison.

Voici quelques questions que je laisse en suspend en guise de réflexion :

-Serait-ce que la peur est intimement liée au résultat, ce pour quoi on accorde tant d’importance dans nos vies?

-Peut-on vivre le processus de notre vie sans le voir restreint, saboté ou même bousillé par la peur ou les peurs?

-Par quoi remplacer la peur finalement ou quelle place veut-on lui accorder dans le prochain chapitre de notre vie?

-La peur nous empêche-t-elle de vivre encore plus toutes les sensations de la vie ou si elle les amplifie?

-Si le rôle de la peur est de nous procurer encore plus de plaisir, prend-on plaisir à avoir peur ou nous diminue-t-elle?

En terminant, j’avoue que j’aime la peur. Elle me donne la frousse, me fait rire ou pleurer selon qu’elle me vainc. Bref, la peur me fait me sentir en vie. Je ne sais pas si je veux vivre sans elle. Et vous?

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