Des nouvelles de la Saguenéenne en Chine – Top 7 des apprentissages


GlobalTimes1Lorsque j’ai commencé ce blogue, en 2008, j’avais l’intention de partager mon parcours d’artiste partie en Asie pour réaliser mon rêve: exposer et vendre mes tableaux en Chine. Quatre ans plus tard, je peux dire mission accomplie, avec quelques extras. L’aventure tire à sa fin, tel que je l’ai annoncé sur Facebook en septembre 2012. Voici la liste des petits apprentissages qui m’ont transformée. De la Saguenéenne en Chine, je suis devenue femme globale, toujours aussi rattachée à ses racines.

  1. Se connaître. L’expatriation, c’est comme l’ascention d’une montagne en haute altitude: tu fais face à tes plus grandes faiblesses et doit puiser dans tes plus grandes forces pour continuer à avancer, sinon tu rebrousses chemin et dit que la voie était impraticable…alors qu’elle l’était. Tu manques parfois d’air en altitude, ce qui veut dire que tu dois redéfinir ton espace et tes relations, ton identité et t’assurer de te créer ton camp de base, pour décompresser. C’est aussi applicable dans la vie de tous les jours, dans les situations de la vie difficile qu’on rencontre, dans son propre pays.
  2. Devant les défis qui se présentent à toi, tu as le choix de te montrer fort et de ne pas laisser paraître tes craintes, tes doutes et tes peurs ou de les partager au passage avec les gens qui sont sur ton chemin pour ainsi t’en libérer. La deuxième option m’a beaucoup mieux servie que la première. Se mettre au défi nous transforme en nous faisant devenir encore plus près de soi et des autres.
  3. Les femmes. Sur mon parcours, je les voyais avant de venir en Chine comme des adversaires, n’en déplaisent à celles qui me lisent. À cause de l’apprentissage numéro 2, elles sont devenues mes alliées. On vit toutes les mêmes genres de défis, que ce soit en expatriation ou pas: vie de couple, vie de famille, avancer en âge, combiner travail et vie personnelle, etc. Je dirais même plus, j’ai découvert de nouveaux modèles en Chine, qui continuront de m’inspirer sur ma voie où que j’aille. La femme entrepreneure, mariée ou célibataire, mère ou sans enfant est devenue mon modèle favori.
  4. Les peurs. La plus belle chose qui me soit arrivée, c’est de surmonter mes deux plus grandes peurs: celle des grandes villes et celle des hauteurs. Quand Montréal t’effraie avec ses 1.3 millions d’habitants et que tu te retrouves dans une ville de 17 millions d’habitants, tu côtoies ta peur à tous les jours, sous différentes formes. Pareil pour les hauteurs, j’habitais au 9e étage d’un édifice, je ne me sentais pas bien avec cela, alors j’ai choisi d’habiter dans un appartement au 21 étage. Les peurs finalement sont des peureuses. Lorsque tu les défies avec ce qui est plus grand qu’elles, elles s’estompent ou littéralement disparaissent. J’en ris aujourd’hui.
  5. Un dans l’immensité. Habiter dans un pays de 1.3 milliards d’habitant et s’y refaire une vie te fait prendre conscience de deux choses. A) ton existence ne compte pas plus que celle de ton voisin. B) Ton existence compte autant que celle que ton voisin. Ce qui veut dire qu’honnêtement, ta manière de vivre, de penser et d’agir n’est pas mieux que celle que ton voisin, tant que tu es aligné avec toi-même c’est vraiment ce qui compte. Après, il faut avoir la sagesse d’accepter que l’autre soit aligné différemment que soi, que son bien-être en est tout autant assuré.
  6. Les émotions. Les différentes cultures ont leur langage et vocabulaire propre, leurs expression et, en mandarin, leurs intonations. Par contre, les émotions, sont universelles et s’expriment sur les visages de la même manière, que ce soit chez un Chinois, un Norvégien, un Allemand, un Russe, etc. Sans savoir parler la langue de l’autre, on peut comprendre l’intention de son discours et se débrouiller dans plusieurs situations, sans même avoir compris un mot, seulement qu’en lisant l’expression sur le visage de l’autre. Apprendre à naviguer dans la vie par la résonnance des émotions est un cadeau que je me suis fait ici. Ça demande d’être bien centré.
  7. La nature humaine. J’ai voyagé sur 5 continents au cours des 4 dernières années, rencontré des gens et tissé des liens avec des des amis de partout. Que ce soit dans les rencontres quotidiennes dans la rue, en voyage ou entre amis, j’ai l’impression d’avoir goûté à l’expérience de la nature humaine. Elle est bonne et aidante, où que je sois allée. Les distorsions existent certent, mais ne sont pas la norme d’après mon expérience. Par conséquent, je ne me méfie plus des gens à prime abord, je les accueille et me demande comment je peux leur venir en aide.

J’ai aussi 3 apprentissages en extra disons, que j’attribue spécifiquement à mon expérience en tant qu’artiste.

  1. Être un artiste, n’est pas un état d’âme mais un métier. Être créatif est un état d’âme qui ne demande pas la discipline et la rigueur d’être un artiste. Ceci dit, on peut être artiste sans être créatif à mon avis, en recopiant des oeuvres avec une grande dextérité, comme le font certains Chinois. On peut certes être créatif sans être artiste, car tout le monde a un talent créatif connu ou inhibé je crois. Être créatif rend heureux. Être artiste, pas nécessairement.
  2. La vie d’artiste, c’est une vie en solitaire qui demande de s’ouvrir sur le monde. Sortir dans la rue, faire des croquis ou des tableaux en public, offrir son talent en échange de services rendus, vendre ses oeuvres en voulant toucher les gens, partager ses connaissances et le fruit de ses efforts avec des gens qui ont envie d’emprunter cette voie, voilà comment briser cette solitude et faire grandir son art. La crainte de se ‘faire voler son style’ n’a pas sa place si on sait prendre des risques.
  3. Les oeuvres d’art, c’est un dialogue. L’artiste qui ne créée que pour lui et qui se fout de ce que le monde pense de ses oeuvres est comme l’individu qui passe son temps à faire des monologues. Celui en contre-partie qui ne peint que pour plaire est un faux. Il est bien d’avoir ses propres idées, l’authenticité et la finesse sont de mise mais la plus belle qualité d’un artiste, tout comme de tout individu reste l’écoute, à l’égard de son propre processus créatif, de ses oeuvres mais surtout du monde qui l’entoure. De là naît les plus belles oeuvres car elles deviennent des interprétations, le produit de ce qui a été assimilé, passé dans les filtres personnels de la compréhension et de l’expérience et retourné dans le monde dans une forme inattendue.

En somme, mon aventure s’achève mais je sais que la Chine continuera de faire partie de ma réalité, ne serait-ce que par les apprentissages qui ressortiront, une fois rendue ailleurs…cet ailleurs qui est encore en définition.

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2 réflexions sur “Des nouvelles de la Saguenéenne en Chine – Top 7 des apprentissages

  1. Wow! Moi qui ai aussi eu deux expériences d’expatriation complètement différentes n’aurais mieux su trouver les mots pour décrire l’expérience. C’est vraiment! Mais attention quand tu reviens au bercail rien n’est et ne sera plus pareil. On devient vite en manque de projets. Bon retour!

    • Merci Marie-Noël pour ton commentaire. Veux-tu partager aussi les deux pays où tu as été en expatriation, je suis curieuse d’en savoir plus:)

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