Le Jeu versus l’Enjeu ou la peur de l’échec


Je suis sur Facebook mes amis au Saguenay et partout à travers la province de Québec qui vont se taper quelques centaines de kilomètres pour accomplir le Grand Défi Pierre Lavoie. D’abord, je dois lever mon chapeau à Pierre pour avoir su mener aussi loin son projet et le rendre aussi rassembleur. J’ai connu Pierre au Cercle d’affaires des Bleuets lorsque j’étais présidente. C’est vraiment une personne exceptionnelle, inspirante.

Dans toute performance sportive, il y a la peur de l’échec, ou ce que mon coach préféré et ex-cycliste olympique Manon Jutras aime appeler: Le Jeu versus l’Enjeu. Comme athlète en kayak d’eau vive, je me suis souvent retrouvée face à l’enjeu d’une course, complètement figée par la peur. Mes capacités cognitives et physiques étaient réduites de moitié: les malaises sortaient de toutes parts et les pensées étaient lourdes. Combien de séances ai-je eues avec Manon, me répétant: le sport, c’est un jeu! Même à sa plus haute expression, une fois rendus aux Olympiques ou aux Championnats mondiaux.

J’ai connu une Française qui a remporté une médaille olympique en kayak de slalom, en 2000 et ce qu’elle m’a confié un jour m’a fait comprendre le sens de ce que mon coach me répétait. Quelques minutes avant son départ, cette femme s’est écroulée en larmes devant son coach qui était surchargé et n’avait pas de temps à lui accorder (une histoire de protet si je me souvient bien, comme on voit souvent dans ce sport). Surpris, le coach s’est interrompu et l’a prise dans ses bras, quelques secondes. Elle s’est resaisie, sans dire un mot, puis elle est allée au bassin d’embarquement en amont de la rivière. Elle s’est dit en route: ‘Hey, c’est du kayak que je fais. Je suis ici pour faire du kayak et c’est ce que j’aime le plus au monde. J’ai la chance d’avoir 15000 personnes dans les estrades me regarder faire ce que j’aime le plus, du kayak. À moi d’en profiter pleinement’. Quelques minutes plus tard, elle descendait le parcours presque sans faute, avec les plus belles sensations qui l’inspirent dans ce sport (m’a-t-elle confié) et elle a remporté la médaille d’argent. Il faut ajouter que quelques mois avant, cette athlète exceptionnelle s’était fracturé un bras, ce qui l’avait mise sur la scellette pour sa participation aux JO. Quand on parle d’enjeu, elle en a eu pour sa part.

Pour se libérer du stress paralysant avant une performance, il faut se rappeler :

1) la VRAIE raison pour laquelle on s’est engagé dans cette situation

2) les sensations qui nous motivent à pratiquer ce sport (la glisse, la vitesse, la puissance, la légèreté ne sont que des exemples en ce qui me concerne en kayak)

3) …se rappeler aussi qu’après la course, la vie continue et que le fait d’avoir gagné ou non n’est pas le seul résultat qui importe. En effet, en se fixant un objectif qui ne soit pas que mesurable mais aussi qualitatif, on réduit de beaucoup son stress. Par exemple, c’est bien de se fixer un objectif de faire un parcours en x nombre de minutes, mais c’est encore mieux quand on le jalonne d’objectifs dits ‘de processus’, qui définissent les sensations qu’on ira chercher en cours de route sur la montre. On n’a pas le contrôle sur le temps qui passe, on a le contrôle sur notre manière de l’utiliser.

Bon Défi à tous!

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