Définir sa vision, accomplir sa mission : première étape


J’ai reçu par courriel d’une amie trois questions très intéressantes qui concernent la vision qu’on crée pour soi, alignée avec une mission qu’on se donne. Je les ai rendues anonymes et partage avec vous mes réponses dans mes prochains posts :

1-Comment fait-on pour cibler une vision lorsque nos idées sont très vagues? La question est posée dans le sens où on cherche ce qui est vraiment fait pour nous dans la vie et qu’on a quelques champs d’intérêts diversifiés. On se dit: il doit y avoir quelque chose pour moi, mais quoi et comment le trouver?

2- Quelle est la démarche mentale pour aboutir à une idée géniale qui va satisfaire tous nos intérêts?

3-Est-ce nécessaire de faire une liste pour accomplir sa vision, avec des blocs de priorités, ou s’il s’agit d’y aller selon son intuition? Comment se fait-il qu’une personne structurée n’arrive pas à faire de liste précise et par priorités, qu’elle ait envie de se laisser porter par le vent jusqu’à la concrétisation d’une première étape importante? Est-ce ça le lâcher prise ? Où est-ce qu’il y a un risque de ralentir le processus par manque d’organisation…

Tout d’abord, merci pour ces questions à cette amie qui se reconnaîtra. Elle me permettent de mettre à profit les visions que j’ai créées pour moi-même et que j’ai accomplies (9x championne canadienne en kayak d’eau vive, 3 expositions solo à Shanghai, vente de mes tableaux à l’international et à des hôtels). Cela me permet également de partager un processus qui a fonctionné pour moi, que j’ai bâti au fil des rencontres avec des centaines d’entrepreneurs, des rêveurs, des gestionnaires, quelques mentors et coachs, sans compter les nombreuses heures passées à lire les écrits d’auteurs modernes en psychologie, en coaching, en entrepreneuriat.

La vision, d’après mes observations, survient de deux manières : par émergence ou par réflection. Par émergence, cela signifie que nos intérêts aussi diversifiés qu’il soient finissent par trouver un lien intrinsèque, qui les unit en un résultat souhaité. Tandis que la vision par réflection quand à elle, se bâti par la force d’un modèle. Prenons un exemple, Amélia. C’est une entrepreneure expat à Shanghai, une personne qui possède un intérêt marqué pour la cuisine, entre autres elle adore cuisiner des confitures. Elle aime aussi passer du temps dans les foires, goûter aux produits qu’on y sert, ainsi que sortir dans les restaurants. Elle a le sens des affaires et flaire une niche non comblée: des confitures maisons, à offrir aux expat. Elle se met à produire quelques pots de confiture, demande à ses copines ce qu’elles en pensent. Puis, elle va voir les restaurants qu’elle fréquente le plus souvent et leur demande de goûter à ses produits, établi une connection avec les chefs pour sonder l’intérêt à incorporer son produit dans leurs mets. La réponse est positive. Amélia n’aura plus assez de place dans sa cuisine pour préparer les commandes de petits pots de confiture. De plus, une copine l’invite à participer à la prochaine foire en plein air, pour faire goûter ses produits. Les clients adorent, en redemandent et font même des commandes spéciales: et si telle ou telle saveur était également offerte? Il aura fallu trois ans à Amélia pour démarrer ce qu’on appelle ici une boutique-atelier, où elle fabrique ses confitures qu’elle distribue en ligne, chez les marchands et les restaurants branchés de Shanghai. Son produit, il est né par émergence, c’est à dire qu’à partir d’un intérêt, voire d’une passion, elle a sondé le terrain et a avancé sur sa voie entrepreuneuriale, saisissant les opportunités. Les qualités requises? Ouverture d’esprit pour demander les commentaires des gens, voir le marché potentiel, adapter le produit et créativité, pour savoir dans le processus rendre l’expérience agréable. Le lien intrinsèque pour Amélia, c’était un désir de bien manger en se sucrant le bec. Elle le faisait avec ses confitures, en allant manger au restaurant, en invitant ses amis à souper. Puis elle s’est dit: et si je faisais grandir ce plaisir (lire: plus de monde en profite donc possibilité d’en vivre).

Pour ce qui est de la vision par réflection, qui se bâti par la force d’un modèle, prenons l’exemple de Raf. Raf est coach et entrepreneur; il a développé un plan de coaching qui permet aux gens de se situer dans leur vie par rapport à leur essence versus leur égo. Par ce plan, il croit pouvoir aider les professionnels à trouver un sens à leur travail, à leur vie toute entiere. Raf a vu le célèbre Anthony Robins faire des conférences pour la motivation, de même qu’il s’est servi de sa propre expérience comme travailleur perdu dans le monde corporatif, à une certaine époque, pour aboutir à la vision qu’il a: devenir une source de motivation pour les autres, par son coaching, ses formations et une panoplie de services qu’il est en train de développer. Il s’est adjoint un associé, a écrit un livre intitulé Le Moine en habit (traduction libre : The Suited Monk), offre des ateliers. Il gravit les échelons vers l’accomplissement de la vision qu’il a créé pour lui-même, inspirée par un modèle externe qui a agit comme un miroir sur sa vision de lui-même.

Dans le premier cas, la vision apparaît petit à petit, d’une rencontre à l’autre, d’une opportunité à l’autre, guidée par un désir. Il faut être persévérant, ne pas abandonner. Dans le deuxième cas, la vision arrive comme un flash, par le miroir d’un tiers, soutenue par un idéal. C’est comme une bénédiction, un cadeau. Toutefois, quand on parle vision, d’après les témoignages que j’ai reçus dans mes conférences et les rencontres, les gens ont l’impression de ne pas avoir cette ‘aptitude’ d’en créer une pour eux-mêmes, car ils n’ont pas eu de ‘flash’, ce moment éclair où tout apparaît bien clair à leurs yeux. La deuxième raison souvent mentionnée est le sentiment de viser une cible inatteignable, sinon que l’atteinte de l’estime de soi, donnant une impression d’incapacité. Ainsi, certains choisissent de ne pas s’engager dans la mise en oeuvre de leur vision et passeront à autre chose, laissant peut-être en eux un regret plus ou moins lourd pour plus tard.

Cela dit, j’ai expérimenté ces deux approches, soit par émergence dans mon art et par réflection dans mon sport et dans les deux cas, j’ai eu le plaisir d’atteindre mes visions et même de les dépasser. Je dirais que dans les deux cas, il faut avoir la qualité d’accepter que tout soit un point de départ, et non d’arrivée; que la rencontre vers l’autre, même parfois risquée, vaut la peine et qu’une fois la vision accomplie, la réalité est toujours différente (et souvent bien mieux) que ce qu’on avait imaginé. Donc, pour répondre à la première question, qui était ‘Comment fait-on pour cibler une vision lorsque nos idées sont très vagues?‘ je dirais: EXPLORER. Explorer avidement, comme si on avait faim de trouver la réponse, sans barrières, sans préjugés, aller dans les sentiers non battus. D’une expérience à l’autre, d’une rencontre à l’autre, si on reste à l’écoute, on trouve toujours le lien intrinsèque. Étrangement, le risque perçu le plus grand à prendre n’est pas d’explorer, mais de demander du feedback par rapport à nos trouvailles. C’est l’élément clé. Pour avancer en confiance, il faut se sentir appuyé. Donc, il s’agit de se former une équipe, un cercle, un groupe de personnes qui comprend notre démarche et qui, d’un pas à l’autre, apprécie la démarche que vous faites et en retirent quelque chose, ne serait-ce que de l’inspiration pour qu’à leur tour, ils explorent eux aussi. Donc, en bref:

Pour cibler une vision, il faut:

-Explorer nos intérêts et passions de toutes les manières

-Partager nos découvertes avec des gens de confiance qui nous donnent du feedback

-Regarder ce qui existe déjà autour de soi et se demander si on pourrait apporter quelque chose de neuf?

-Refaire ce processus à maintes reprises pour en conclure un apprentissage, parfois convertible en vision.

En somme, la vision est un idéal qu’on crée pour soi d’abord, pour les autres ensuite. C’est une image, un désir. Elle doit se résumer en une phrase, constituée comme celle-ci (sujet, verbe complément+ complément d’objet direct): je crée une communauté de gens qui s’expriment par leur créativité. C’est bel et bien mon focus en ce moment.

Je répondrai aux deux autres questions dans les prochains jours. En attendant, j’attends vos commentaires. Est-ce que ce texte vous a été utile?

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5 réflexions sur “Définir sa vision, accomplir sa mission : première étape

  1. Vaste sujet .. très intéressant ..j’ai l’impression et même plus que ça .. !! de lire mon parcours de vie .. dans la vie de tous les jours et dans mes diverses fonctions quand j’étais en activité ..cette démarche une fois comprise admise et digérée devient une façon d’être ici et maintenant .. et ce pour toujours ..
    Bravo pour l’exposé très clair .de ces savoir être.. savoir faire et savoir partager sans attendre le retour .. pour poser le pas suivant devant le premier acquis .
    J’ai eu un jour une discussion avec un proche de ma famille .. sur partager sans rien attendre en retour et le retour est… la réponse a été .. ah!! ben ça alors !! vous devez être heureuse vous !
    eh bien oui .. depuis toujours ai-je répondu ..
    Bravo Stéphanie pour l’aide que tu peux apporter aux autres en expliquant la démarche .. reçois mes pensées positives .. Clode

  2. Merci! Stéfanie. C’est toujours un plaisir de te lire. Tu es un de ces processus, dans ma Vie. L’élément « illuminateur » du désir d’aller plus loin. Bravo! à toi pour tous tes belles réalisations.
    Peut-être un jour aurais-je le plaisir de te visiter en Chine! :o)

  3. Merci pour ce texte! Je suis en période de réflexion quant à mon cheminement professionnel et je dirais que cette lecture tombe à point!

  4. J’ai particulièrement aimé 2 choses dans ton article : 1. L’exposé de la démarche de Amelia et 2. L’énoncé portant sur le plus grand risque à prendre (la recherche de feedback); c’est le plus grand risque, mais aussi l’outil le plus profitable qui soit.

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