Comprendre le marché de l’art en Asie


Je reçois à l’occasion des demandes soit d’artistes ou d’amateurs d’art qui souhaitent faire une exposition solo ou collective en Chine. J’ai écrit cet article il y quelques mois, il devait être publié par le collectif ArtZoom. Finalement, ils ne l’ont pas fait alors je le publie ici, en espérant qu’il apporte de l’information utile aux artistes et marchands d’art occidentaux.

Un   portrait de l’art en ChineOne of the most famous Chinese artist
Par   Stéfanie ValléeStéfanie   Vallée est basée en Chine depuis 2008. Elle y possède un studio où elle   présente son travail d’artiste-peintre et enseigne la technique de peinture   indirecte. Il est facile de penser qu’on puisse arriver en Chine avec toutes les chances de   réussite si, dans son propre pays, on a déjà connu du succès, bien que relativement. Il y a   toutefois quelques barrières à franchir pour arriver à percer le marché asiatique  qui fait l’envie des artistes étrangers.

Le 1er juin 2010,   Christie enregistrait un nouveau record de ventes pour de l’art contemporain   asiatique et chinois, dont les tableaux avaient été vendus au total 67,2   millions de dollars américains. De quoi rendre envieux les artistes de la   planète entière, qui devraient avoir à ce moment-ci les yeux rivés sur la   Chine, superpuissance économique.

S’exiler   pour faire fortune?
Une étude récente a dénombré   875 000 personnes millionnaires en Chine et 55 000 multimillionnaires.  
La globalisation n’est pas étrangère à l’émancipation du marché   de l’art en Chine. Le millionnaire Chinois a en moyenne 39 ans, il prend 16 jours de vacances par année, il collectionne les montres, les voitures et l’art traditionnel chinois. Comment arriver à vendre un produit étranger, comme des tableaux, à ces personnes? Le défi est de taille.

D’abord,   il faut une bonne étude du marché. La meilleure façon d’y arriver, c’est bien entendu d’être sur le terrain et de se poser les bonnes questions : qui   sont les acheteurs potentiels, quels sont leurs goût en ce qui a trait à l’art, quelle est la chance qu’ils soient enclins à acheter une œuvre  provenant de l’étranger, etc. Bien sûr la globalisation procure un grand apport d’information provenant de l’étranger aux collectionneurs, de même qu’aux artistes chinois, via le web notamment.   Les grands maîtres occidentaux tels De Vinci, Picasso et Monet sont tout   aussi prisés qu’ailleurs dans le monde et ont inspiré des millions d’artistes chinois.

C’est ce qui fait dire à Lorenz Helbling, souvent appelé ‘le curateur le plus influent d’Asie’ et propriétaire de la prestigieuse galerie ShanghArt, que ‘les artistes chinois ont une longueur d’avance sur les artistes de l’Occident : ceux-ci connaissent   les acteurs et l’histoire provenant de l’étranger mais les artistes   occidentaux ne savent pas ce qui se passe ici, ni qui sont les acteurs ou   l’histoire de l’art en Chine.’ Une fois que vous aurez saisi qui a des   chances d’aimer ce que vous faites, la prochaine étape est d’entrer en   contact avec ces personnes. Votre style, votre sujet de prédilection, votre technique, doivent tous être pris en ligne de compte. Pour arriver à les vendre, vous devrez être convaincant et parler chinois. Si la langue vous pose un problème ou que le temps vous manque pour l’apprendre, vous pourrez toujours vous tourner vers une autre alternative : embaucher un agent   qui parlera mandarin en votre nom ou vous tourner vers le marché international qui se trouve en Asie et utiliser l’anglais comme langue d’échange. Ce marché est bondé d’expatriés qui viennent y vivre une aventure dépaysante en terre d’Asie.

Une fois que vous aurez identifié votre clientèle cible, compris comment elle pense, agit, achète, vous devrez   trouver comment la rejoindre. C’est là où les artistes Chinois deviennent vos   compétiteurs alors que vous êtes sur leur propre territoire. Un artiste comme Peng Minglian, très en vue à Shanghai, arrive à vendre ses tableaux l’équivalent de 500 000$ canadien à des collectionneurs Chinois, sans passer par les galeries. Interrogé sur sa tactique de vente, il  répond : ‘Beaucoup de gens croient que j’ai une équipe de gens qui   travaillent avec moi pour faire ma publicité. Mais je fais tout moi-même.  Il ajoute, par rapport à son succès dans la mégapole qu’ ‘Il y a beaucoup de gens riches en Chine, très riches. Mais il faut des années pour arriver à faire sa place dans ce marché. Je ne crois pas au succès qui arrive du jour au lendemain’ dit M. Peng, qui a fait ses débuts dans les années 80, à Shanghai, en diffusant ses tableaux dans les abri-bus.

Pour ceux qui aimeraient passer par les galeries, par souci d’économie de temps et d’énergie, vous devez toutefois savoir où vous adresser. Si on inscrit dans Google ‘Galeries Shanghai’ par exemple, on obtient quelques résultats intéressants, mais l’information est loin d’être complète. Le défi de la langue limite certes l’accès à   l’information pour l’artiste étranger, mais aussi le facteur changement. Tout est en constante évolution ici et une galerie qui a pignon sur rue un jour   peut littéralement être déménagée dans un autre quartier le lendemain ou fermer ses portes pour laisser place à une autre nouvelle venue. Il y a bien entendu des classiques.  La galerie ShanghArt, située dans le quartier M50 sur la rue Moganshan à Shanghai en est un exemple. Lorenz  Helbling, le propriétaire et fondateur, se souvient du contexte chinois dans   lequel sa galerie a ouvert ses portes à l’époque en 1996 : ‘Dans les années 80, il fallait aller directement chez les artistes Chinois pour  acheter leurs œuvres. Quelques artistes étaient connus à l’étranger,   plusieurs vivaient une vie tranquille en retrait et d’autres crevaient de   faim. Aujourd’hui, il est possible pour plusieurs artistes en Chine de   s’acheter une maison, une voiture’ affirme l’homme, qui parle couramment   chinois. Mais, tenez-vous pour dit   que toutes les œuvres d’art ne se vendent pas 500 000$ à Shanghai.

Lorenz Helbling se souvient : « Quand on a débuté (avec la   galerie), une œuvre pouvait coûter quelque chose comme 2000 RMB (environ 300$   canadiens) et les gens disaient systématiquement qu’elle était trop chère. Le   salaire en Chine à l’époque était en moyenne 500 RMB’ dit Helbling. ‘Puis,   dans les années 90, il y a eu les spéculations’ poursuit-il. ‘C’est le moment   où l’art chinois a pris son essor et a fait son entrée sur le marché   international, en trouvant preneurs auprès de collectionneurs étrangers. Ce   fut le début de la bulle spéculative qui a marqué la jeune histoire de l’art   contemporain en Chine. À ce moment, les standards qui définissent l’art de   qualité, tout comme les galeries, n’étaient pas tout à fait établis’ raconte   Helbling.

Alors pour l’artiste aguerri, déterminé et qui n’a   pas froid aux yeux, quelles sont vraiment les chances de réussites? D’après Sunny Wang, directrice de projet et des expositions à ArtShanghai, une foire   d’art annuelle ouverte aux artistes de tout acabit qui a cours dans la   mégapole chinoise depuis 1997 et qui attire des millions de visiteurs de même   que des collectionneurs,  cette bulle a   éclaté en 2005 et les prix se sont stabilisés depuis. Elle affirme que les   œuvres qui se sont vendues à la dernière foire ArtShanghai en 2010 valaient   en moyenne 10 000 RMB (plus ou moins 1500$ canadiens). De plus, elle   note trois types d’acheteurs. Il y a d’après ses observations du marché des   collectionneurs, soit ceux qui achètent des œuvres de valeur, des   investisseurs, ces personnes qui achètent pour revendre (même si elle note   qu’ils sont en proportion moins importants qu’auparavant) et finalement, les   amateurs d’art qui mettront 2000 RMB sur une œuvre et qui pourraient éventuellement   devenir des collectionneurs.

Lorenz   Helbling note que sa galerie répond aujourd’hui aux besoins de clients  désireux de faire des investissements, plutôt que de la spéculation.   Qu’est-ce qui a motivé ce changement dans l’attitude des acheteurs?

Sunny Wang pointe la   compétition. ‘Le marché de l’art en Chine compétitionne en quelque sorte avec   celui d’Hong Kong, d’après Sunny Wang. ‘La barrière de la langue est moins   présente à Hong Kong (une ancienne colonie Britannique où l’usage de   l’anglais est répandu). De plus, une meilleure éducation des gens par rapport   à l’art en général. Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire’  dit-elle.

D’après Helbling, ‘Pour   déterminer si une œuvre est bonne ou non, le prix est une chose, le bagage de   l’art est une autre, puis la qualité du travail et la valeur du marché sont   tous des facteurs qui doivent être pris en compte.’

Qu’en   est-il des étrangers?
Les artistes étrangers qui viennent en Chine dans l’espoir d’y   retrouver le Klondike font la file à l’entrée. Il n’y a pas de recette   miracle, chacun attend son tour et doit impérativement apprendre à parler chinois, établir ses propres contacts. Janie Kloster, une artiste-peintre   Hollandaise établie à Shanghai depuis 5 ans trouve favorable la réception du   public chinois face à ses œuvres. Celle-ci peint ce qu’on pourrait appeler du   ‘comfort art’, des chats qui se composent d’une multitude de petits animaux   lorsqu’on y regarde de plus près. Elle a exposé l’an dernier pour la première   fois dans une galerie chinoise, James Gallery, avec le soutien du consulat de   son pays. En somme, venir en Chine pour y faire fortune à court terme en y   vendant son art est une mission de taille, voire impossible en raison de la   barrière de la langue. Par contre, à moyen ou long terme, les ventes peuvent   se concrétiser, tant on sait s’adapter au marché et à ses contraintes. Un   proverbe chinois dit : ‘Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont   celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir.’ Tenez-vous pour dit qu’avant   d’envisager la Chine comme marché pour vendre votre art, il y aura beaucoup   d’apprentissages en prérequis, comme la langue, mais aussi une façon de faire   et des croyances différentes des vôtres.

 

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2 réflexions sur “Comprendre le marché de l’art en Asie

  1. bonjour les chinois onts une tendance a ne connaitre en rien a l’ART européen Quat on leur parle de style ça les depasse ils aimes le CLINQUANT j’ais tavaillé en chine quant vous étudier leur personalitée et que vous leur proposé un projet meme en parlant anglais je suis fraco australien vous perdez beaucoup d’énergie pour rien je fais des mosaiques artistiques mon site est http://www.mosaic by jean vignes .com J’ais connus de trés bon artistes qui n’onts ue aucune chance Ils sonts comme des gamins qui onts des caprices ils aimes le travail bon marché inclus les mutimilionaires c’est beaucoup trop difficileil vaut mieux etre moins riche mais etre libre de créer de l’art au vrais sens du mot Recevez l’exprésion de mes sinçères salutassions JEAN VIGNES

    • Cher Jean, merci pour votre commentaire. Je comprends que votre expérience n’a pas été très concluante mais je vous prie ni de le prendre personnel ni d’accuser les Chinois pour cette non-rencontre entre votre art et eux. Il faut je pense traiter les relations avec la Chine comme on traiterait une visite chez un nouvel ami : se présenter sans ne rien demander en retour, apprendre à connaître cette nouvelle personne et voir comment vous pouvez trouver un lieu commun pour bâtir une amitité. Le temps est le meilleur facteur de réussite et il en faut beaucoup pour arriver à récolter le fruit d’un échange artistique, sans égard à la qualité du travail. Je partage votre avis que les chinois demandent à acheter des oeuvres clinquantes, mais comme toute généralité est inexacte, il y a aussi un marché en évolution qui demande à comprendre l’art et à l’acheter pour d’autres raisons. Encore là, il faut se donner le temps de le voir émerger, et merci aux galeristes étrangers qui font un travail de missionnaires dans l’éducation de ce marché.

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