J’aurais voulu être un artiste!


Vous connaissez la chanson, J’aurais voulu être un artiste, de Starmania? Et celle aussi du même opérar rock qui dit: ‘Dans les villes de l’an 2000, la vie sera bien plus facile, on aura tous un numéro dans le dos, une étoile sur la peau…on suivra gaiment le troupeau, dans les villes de l’an 2000’. Il me semble que ces deux chansons résument ma vie en ce moment…

Je marchais hier dans les rues de Shanghai entre deux commissions et l’air de ces deux chansons m’est venu en tête simultanément. C’était une journée spéciale: je faisais l’installation de deux de mes oeuvres à l’hôtel Langham du quartier Xintiandi. C’est le plus récent et le plus chic hôtel à Shanghai (pour combien de temps?). Un contrat qui m’a permis de fusionner mon savoir avec la technique de peinture indirecte et mon approche Peindre sans pinceau pour laquelle je vais publier un livre et un DVD prochainement. Ce contrat m’a aussi permis de relever deux défis: 1) peindre avec de l’encre de Chine; 2) designer des formes pour la découpe au laser.

Pour les amateurs d’aquarelle et d’acrylique qui lisent ceci, je vous assure que peindre avec l’encre de Chine, c’est la chose la plus difficile que j’ai faite à date parce que peu importe combien on dilue l’encre, elle apparaît toujours noire sous sa forme humide. Elle pâlit drôlement lorsqu’elle sèche par contre. Ça donc demandé quelques tests pour trouver l’échelle de valeurs de gris dans laquelle je devais me situer, pour que l’oeuvre se marie bien au décor de l’hôtel et sois percutante à la fois. Durant l’installation, j’ai pu constater que j’avais visé dans le mile; ça eu l’effet d’un grand soulagement par rapport au petit doute qui m’a accompagné durant toutes ces semaines de création et un boost terrible pour ma foi, la foi que je suis guidée par mon esprit créatif et mon intuition.

Pour ce qui est des papillons, quelle aventure! D’abord ma partie, la conception et le design, ça été un vrai jeu d’enfants. Ce qui m’a mis au défi, c’est la réalisation. Toutes les nouvelles connaissances en ingénierie 101 disons, parce qu’il fallait les faire découper au laser, avec différents types de machine, trouver la bonne épaisseur de métal, superviser le tout, s’assurer de la qualité du travail. Vous devriez voir les endroits où j’ai fait faire ça! Il faut avoir visité la Chine pour comprendre l’envergure à la fois et l’accessibilité des installations auxquelles j’ai eu recours.

Je marchais donc dans les rues d’une de ces villes de l’an 2000 hier en me disant: ‘What’s Next?’ C’est la fin de l’année 2011, le temps des bilans. Je travaille comme artiste à Shanghai et j’ai fait mon chemin jusqu’à vendre mon travail à des hôtels, dont le Langham, de même qu’à des clients de toutes nationalités. J’étais venue ici pour deux ans, avec tous ces objectifs en tête: exposer, vendre et commercialiser mon travail. Check. Sauf que ça m’a pris plus de temps que je l’avais imaginé, mon objectif de temps n’était pas réaliste! Heureusement que l’espace-temps chinois est rapide, en Amérique, j’aurais bien mis dix ans à tout accomplir ça! Regardez le temps que Montréal va prendre pour reconstruire le pont Champlain, 10 ans! Ici, les Chinois viennent de construire le pont le plus long au monde, il fait 36 kilomètres (http://www.chine-informations.com/actualite/le-plus-long-pont-du-monde-ouvert_9280.html) et ils ont mis moins de 5 ans à le bâtir.

La vitesse à laquelle se passe les choses ici n’a pas pour autant la qualité de les rendre plus faciles. Ce qui me fait dire, dans mon bilan: est-ce que je suis capable de garder le rythme encore longtemps?

À tous ceux qui me disent: ‘J’aurais voulu être un artiste’, je dirais ce que d’autres ont répondu avant moi: pas facile la vie d’artiste. Et pour cause: pas de stabilité financière, pas d’avancement de carrière dans les échelons d’une compagnie, pas de REER extrait de la paye pour s’accumuler dans un compte en banque, pas d’équipe de travail au quotidien. La vie de bureaucrate, c’est le lot de bien des gens que parfois j’envie. Honnêtement. Mais, pour mile et une raisons, je ne retournerais pas en arrière. Par contre, maintenant que j’ai un bout de chemin fait, je me demande quel est le prix que je suis encore prête à payer pour vivre dans ce rêve éveillé?

Au bout du compte, après tout, on finit tous à la même place, mais pas dans le même état. Je crois que j’ai besoin de vacances pour sentir la prochaine destination, le prochain défi professionnel…Et vous, si vous étiez artiste comme moi, comment poursuiveriez-vous sur cette voie?

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3 réflexions sur “J’aurais voulu être un artiste!

  1. Quelles bonnes nouvelles Stephanie! Felicitations! Il semble que quelquechose trotte dans ta tete, tu sembles avoir envie de bouger… Ceuillir tes lauriers et explorer autre chose! Quel est le prix que l’on paye? La solitude? Le doute de savoir si la prochaine oeuvre sera apréciée? Le travail qui n’est pas rémunéré? L’avenir incertain? N’est-ce pas un peu le lot de l’etre humain?
    On est artiste de sa vie! C’est l oeuvre d’art que l’on construit sans s’arreter…

  2. Je suis d’accord avec toi Ghislaine, on est artistes de sa vie. Soit un se refait une peinture à numéros, en remplissant les cases de la bonne couleur à la bonne place, ou on crée à partir du vide, ou du plein, qu’on a en soi. Je redescend la montagne de l’expatriation, retour vers le camp de base. On verra ce qui m’y attend. Pour l’instant, j’apprécie la descente.:)

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