Terrain de jeu de la planète terre : Népal


Après un peu d’attente au Bangladesh en transit et pour nos bagages au Népal, on est bel et bien arrivés avec tous nos morceaux vendredi soir. Première impression : Thamel c’est un cirque roulant à touristes de plein air. Tous les forfaits sont possibles : kayak, escalade, marche en montagne, canyoning, équitation, parapente, alouette! Il y a plus de magasins de plein air au kilomètre carré que de salons de coiffure à Chicoutimi-Nord! Rues contigues, bondées de touristes et de gens locaux, de souvenirs et d’agences de voyage…On finit de visiter Kathmandu aujourd’hui et demain. Après, on part avec Pete, l’ami à Yann qui organise la compétition de kayak.

Voici notre visite du jour :

http://www.sacred-destinations.com/nepal/kathmandu-boudhanath-stupa

10 décembre

Dans un café de Pokhara, j’écoute Om Mane Padme Aum, un mantra qui joue partout dans les boutiques et restos. C’est la fin du voyage. Dix décembre 2010, le jour de mes 36 ans, j’ai vu le lever du soleil sur l’Anapurna, sublime spectacle. Je repars avec le bonheur d’avoir été ici, celui d’avoir profité du plein air en grandes pompes. J’ai eu le plaisir de rencontrer des gens extraordinaires, Népalais et étrangers de toutes provenances, de goûter à la nourriture locale, de sentir le pouls de Pokhara, de Fishling, de Bhaktapur et Katmandu. C’est un voyage extraordinaire que je vais raconter en plus amples détails dans quelques jours…je dois quitter prendre l’avion…

Arrivée à Hong Kong en transit, je partage mon récit.

Om mane padme aum
Le mantra Om mane padme aum joue sous forme de ritournelle, chantée par des voix graves, dans toutes les boutiques et restaurants qui ont pignon sur rue à Pokhara. À l’entendre partout pendant une semaine, il s’est inscrit en moi, tout comme les images des Hymalayas que j’ai vues en personne comme en photo sur les calendriers et affiches souvenirs. Ici, on nous vend bien sûr les montagnes, mais aussi la spiritualité. Les boutiques de plein-air s’alternent, ponctuées de centres de méditation-yoga-reiki-qiqong, sans oublier les nombreuses compagnies d’expéditions de toutes sortes : parapente, paramoteur, planeur, delta-plane, hélicoptère, randonnée en montagne, kayak, canyoning, rafting, safari, alouette! C’est la destination rêvée pour tous les amateurs de plein air. En somme, je dirais que le Népal, c’est le terrain de jeu des gens qui aiment jouer dehors. Les touristes proviennent de partout; j’ai rencontré des Islandais, Américains, Britanniques, Argentins, Français, Chinois, Japonais, des Russes et des Allemands. J’ai vu des couples, des gens seuls, des groupes de jeunes, des moins jeunes. Tout le monde a on dirait en commun soit un look sportif ou bohème.

L’énergie qui m’habite au moment où j’écris ces lignes est celle de la puissance des montagnes Himalayas. Il faut dire que ma journée a commencé à 1600 mètres devant l’Anapurna, à regarder le lever du soleil en compagnie de mon conjoint et d’une centaine de curieux locaux et touristes. En rétrospective, j’ai vu le même décor à vélo de montagne dans ce qu’on appelle des ‘single track’ ma foi assez techniques, de même qu’en kayak sur la rivière Seti dans des rapides de classe 3-4, en parapente à 1500 mètres dans les airs et en randonnée pédestre vers le temple sacré. Le tout sous un soleil radieux et avec une vingtaine de degrés Celcius. Pas mal pour un mois de décembre!

La sagesse et la pacificité du peuple népalais, tel que je l’ai découvert, m’a charmé à tous points de vue. Leur pauvreté crève le cœur par contre, c’est quand même l’un des pays les plus pauvres du monde avec un revenu moyen par habitant de 1300$ par an, au même titre que l’Ouganda. Une chance qu’on retrouve un peu partout des boutiques de commerces équitables afin d’encourager l’économie locale et acheter là où ça compte. Le dépaysement ici est total. Je n’avais rien vu de pareil en terme d’organisation (la manière dont les gens vivent) et de dynamique. Une pâle copie de l’Inde à ce qu’on m’a dit, avec une touche montagnarde. Justement, en visitant le Musée de la montagne à Pokhara (traduction libre de Mountainering Museum), j’ai vu des photos comparatives du mode de vie actuel des Népalais versus celui des Autrichiens en 1950. Intéressante juxtaposition. Les femmes, hommes et enfants de tous âges transportent sur de longues distances des paniers remplis d’oranges ou de branches de bois et des ballots de foin, qui tiennent en place grâce à une sangle appuyée sur leur front. L’hygiène est rudimentaire, on cuisine sur des fours de terre cuite dans les coins ruraux et il n’y a pas d’eau courante sinon qu’un puits où les villageois viennent faire le plein avec leurs cruches d’eau. La vie semble rude, du point du vue occidental, lorsqu’elle est réduite à sa plus simple expression. Au musée de la montagne aussi, on présente les équipements des premiers expéditeurs des sept sommets, dont l’Everest : bas de laine et bottes de cuir, manteaux de coton et lunettes d’aviateur. Surprenante révélation aussi, quelques reliques des 1.6 tonnes de déchets abandonnés sur l’Everest aux différents camps de bases : bombonnes d’oxygène, mousquetons, cordes.

Susmita et Babu
Ce sont des amis britanniques qui viennent ici en voyage depuis presque dix ans qui nous ont présenté à Susmita et Babu, des amis népalais. Leur relation d’amitié nous a permis d’entrer dans le quotidien de ces gens et de mieux comprendre la culture, les mœurs. Elle a 26 ans, il en a 28. On les a mariés ils avaient 13 ans et 16 ans. Une affaire de castes, arrangé par les parents respectifs.

Babu est parapentiste. Il a été le premier et le seul à date à traverser le Népal, d’Ouest en Est, en parapente. Il a mis 31 jours pour y arriver. Quant à Susmita, elle a été la première femme népalaise à faire du kayak et à remporter le Challenge des Himalayas, trois épreuves en kayak d’eau vive : slalom, freestyle et descente. Susmita n’a pas participé cette année car elle est enceinte de son 2e enfant. Une vidéo d’une trentaine de minute a été présentée aux participants du challenge, un soir après l’épreuve de freestyle. Le sujet : le parcours de Susmita. Je ne pensais pas que le kayak, en plus d’être une école de la vie extraordinaire qui offre à l’Homme de se mesurer à l’eau, pouvait en plus être une ouverture sur l’autonomie pour la femme. Susmita a ouvert la voie à des dizaines de jeunes Népalaises qui, comme elle, sont devenues kayakistes mais qui en plus, travaillent maintenant dans l’industrie de l’éco-tourisme comme guides de rafting ou de randonnée. C’était un domaine strictement réservé aux hommes il n’y a pas dix ans. Dans la présentation, Susmita racontait comment elle a dû endurer l’intimidation des hommes, ses pairs sur la rivière, et comment elle a dû affronter les questions de ses proches qui ne comprenaient pas pourquoi elle se tenait à l’écart des tâches du foyer. Elle dit dans la vidéo à quel point ça été dur de persévérer dans ce contexte, avec pour seul support son mari qui même, à certains moments, a cédé à la pression sociale lui demandant de quitter le sport et de revenir à la maison. Elle a dit une phrase avec tellement d’aplomb dans cette vidéo qu’elle m’est restée : ‘Il ne faut pas toujours gagner, c’est bon aussi de perdre parfois’.

Challenge des Himalayas
De Thamel, cirque à touristes étourdissant où on est restés trop longtemps à mon goût, jusqu’à Fishling, un village sur le bord d’une route principale dans les montagnes, il y a environ 100 km. On a mis cinq heures pour parcourir cette distance, dans un trafic impossible et avec une circulation routière à la ‘on roule face à face jusqu’à ce qu’il y en ait un qui se tasse le premier’. Pas facile. En plus, la veille, j’ai eu un empoisonnement alimentaire avec du steak dans un resto. Ça donne une idée de mon état en arrivant à Fishling. On nous a débarqués sur le bord de la route, à la noirceur. On aurait dit qu’on était au milieu de nulle part. Quelques cabanes de fortunes avaient été érigées à quelques mètres du traffic incessant et des klaxons à trois tonalités des camions. J’ai vu le lendemain que ces cabanes, c’était en fait des maisons de villageois. On est entrés derrière l’une d’elles, on a pris un chemin de pavé cimenté et rocailleux à travers les chèvres et les poules. On ne voyait rien. On avait tout notre bagage de kayak sur le dos, puis on suivait Mandaras, le chef de notre campement. On est passés sur un pont suspendu interminable, traversé un autre sentier mais de terre cette fois, puis on est arrivés à nos tentes. Le lendemain, on a découvert le paysage magnifique : une vallée avec en son cœur la rivière Trisuli, théâtre de nos compétitions.

Deux jours d’entraînement, du bénévolat pour aider les organisateurs du challenge et de nouvelles rencontres. Malheureusement pour moi, tout cela était ponctué de malaises découlant de cette intoxication. En gros, on nous servait du dal bhat pour dîner et pour souper, comme c’est la coutume pour les Népalais de toujours manger la même chose, jour après jour… Ce qui fait que finalement, j’ai fait la course de slalom le vendredi le ventre vide, celle de rodéo du samedi avec un cup a soup dans le ventre et celle de descente avec deux barres granola. J’ai jamais coursé aussi faible et en même temps, j’avais jamais fait de course de rodéo. La faiblesse a été très dure à supporter pendant la descente  parce que c’était une épreuve d’une trentaine de minutes. Les autres étaient à intervalles de une à deux minutes, donc j’ai réussi à performer. Ma course favorite a été le slalom, un retour aux sources pour moi, après 4ans sans faire une seule porte de slalom sur la rivière. On coursait aussi avec des bateaux de plastic très lourds, le mien devait faire environ 60 livres. J’ai usé de mon charme, je l’avoue, et aussi d’un peu d’argent, pour qu’un employé d’une compagnie de raft (Paddle Nepal) transporte mon kayak de la fin du parcours, jusqu’à la mise à l’eau. Normalement, malgré le parcours rocailleux, les rochers à surmonter et le chemin de terre à pic, j’aurais fait cela moi-même. Sauf que vraiment, je devais ménager mon énergie car seulement que marcher m’étourdissait. Finalement, avec des antibiotiques pour soigner mes malaises et ‘l’expérience d’un Bob Ganey’ (à la blague), j’ai terminé 2e au cumulatif. J’ai gagné un billet d’avion. Celui-ci m’a évité de refaire les cinq heures de route, me donnant le plaisir de voler pendant  une heure, de Pokhara jusqu’à Kathmandu.

Le Népal en quelques mots
Le premier qui me vient en tête, c’est ‘Namaste’. Ce mot passe-partout qui signifie à la fois ‘bonjour’, ‘aurevoir’, ‘merci’, ‘je vous en prie’ et ‘de rien’. Je l’utilisais dans mes cours de yoga, en répétant après le professeur à la fin de la séance, les mains jointes ‘Namaste’. Maintenant, il prend une autre dimension, celle des gens rencontrés au Népal. Je fais ensuite la liste des mots que je ne saurais placer en histoire, en raison d’un séjour trop court. Je les vois comme des couleurs de ma palette que je n’ai pas pu utiliser dans un tableau qui s’est fait spontanément en deux temps trois mouvements. Il y en aura à surveiller d’ailleurs à ce sujet…à suivre.

Montagnes, papillons et poincettias
Bols chantants, fermiers et touristes de plein air
Riz, lentilles et clémentines
kayak, trekking et parapente
fraîcheur du matin, chaleur le jour

Stupa (temple), drapeaux jaune-vert-rouge-blanc et drapeau national en triangles

Voir d’autres photos de mon voyage : http://www.facebook.com/#!/album.php?aid=254403&id=624136964

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3 réflexions sur “Terrain de jeu de la planète terre : Népal

  1. Séjourner à peine 2 jours et se permettre de comparer Katmandu
    avec un cirque ( fut-il à touristes), quelle fatuité;
    en espérant que vos toiles vous permettront d’approcher la réalité et la profondeur du Népal.
    Patrick ANDRE

  2. Kathmandu n’est pas le Népal! Je rectifie mon commentaire toutefois et merci de me donner l’occasion de le faire par votre commentaire: Thamel est un cirque…à touristes!

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