L’éloge du changement


Si j’étais diseuse de bonne aventure, je dirais : ‘En Novembre 2010, vous allez entrer dans une ère de changement qui alignera votre vie pour les années à venir’. Pourquoi je dis cela?

Je suis maintenant sur le conseil d’administration du Shanghai Expatriate Woman Society, un regroupement de femmes qui travaillent à Shanghai et qui proviennent de partout à travers le monde. Je m’occupe des communications (ça vous surprend?) et du marketing. Le site Internet est à refaire…je sais…on y travaille. Hier avait lieu un événement intitulé ‘Woman of Vision’, où les membres se regroupent pour discuter d’un sujet en particulier. Hier, le sujet était le changement. Comment on accueille le changement dans nos vies (on s’entend qu’une bande de femmes expatriés ont de quoi dire sur le sujet), comment on y résiste parfois et bien entendu, comment on fini par s’y adapter. Pas besoin d’être femme expat pour aborder ce thème. Pensez à un changement majeur que vous ayez fait dans votre vie. Posez-vous ensuite ces questions:

1. Quelle a été ma réaction au changement, sur le coup

2. Qu’est-ce que j’avais à gagner?

3.Comment j’ai réussi à passer à travers le changement?

Quand je suis arrivée à Shanghai, c’était un changement souhaité. Pourtant, j’ai dû traverser ce que tous les expats traversent peu importe le lieu d’expatriation. On appelle ça poliment ‘la période d’adaptation’. Moi j’ai décidé de rebaptiser ça ‘le fil de fer’. C’est un passage obligé, pas moyen d’y échapper. Il faut passer d’une terre à l’autre et entre les deux, c’est le précipice. Pour y arriver, on doit marcher sur un fil de fer, comme les funambules. Concrètement, une fois arrivés en terre étrangère, on est pas encore atterris et notre équilibre est menacé à tout moment. Sur ce fil de fer donc, c’est comme si toute distraction nous menaçait de nous faire tomber…sur un autre fil de fer, plus bas mais avec les mêmes contraintes…jusqu’à ce qu’on aterrisse vraiment (ouch) et qu’on remonte la pente. Ma réaction au changement s’est faite en trois étapes. D’abord, la lune de miel. Ensuite, la résistance. Finalement, l’acceptation. La lune de miel, vous en conviendrez, c’est quand on trouve que tout est beau, tout est nouveau. C’est celle qui me faisait dire : ‘Shanghai, ah, la belle ville!’ Après, je me suis mise à voir tout ce qui était différent de chez nous avec des lunettes dont une lentille était teintée de blanc, l’autre de noir. Ce qui me faisait dire : ‘Voyons donc, c’est pas comme ça qu’on doit agir, ceci est la bonne façon, celle qui marche…pas comme ça, c’est tout croche par rapport à ce que c’est ‘supposé être’ et même : ‘Shanghai m’épuise’. La transition entre la phase 1 et la phase 2 s’est faite progressivement, sans que je ne m’en rende compte. C’est peut-être le résultat du fait que ce n’était pas un voyage, mais une destination. Mais comment passer à la phase d’adaptation, car croyez-moi, elle ne vient pas naturellement celle-là. Il faut prendre les moyens pour y arriver. C’est pourquoi je vous posais comme question : qu’est-ce qui vous permet de passer à travers le changement?

Parmi les femmes présentes hier, on avait des Américaines, des Allemandes et des Canadiennes. Les moyens énumérés pour faire face au changement et retrouver le sens de l’équilibre dans un nouveau contexte : faire de l’exercice sur une base régulière, prendre son café en lisant les nouvelles internationales d’une source qu’on apprécie (BBC, CNN, pour ne nommer que celles citées), avoir un hobby qu’on faisait avant et qu’on continue de faire ici, dans le tumulte prendre trois grandes respirations et se demander quelle est notre intention, rester chez soi dans un confort stable. Bref, des moyens qui ne coûtent rien, qui permettent d’avoir une zone tampon, avec des repères stables. Est-ce que ça marche? Oui et non. En fait, ça ne permet pas d’éviter les émotions ressenties pendant le changement, mais peut-être juste d’en altérer l’effet sur l’égo.

La réaction normale au changement de tout être humain, c’est la résistance. Dans la résistance, il y a plein d’émotions: la peine de perdre ce qu’on avait et qu’on aura plus, la peur de faire face à l’inconnu, l’isolement de se sentir coupé de la réalité à laquelle on tient et qui contenait toutes les réponses, le vertige même de se sentir sauter dans le vide sans avoir de repères auxquels s’accrocher, la frustration d’être là sans avoir la certitude que ce soit au bon endroit ni pour les bonnes raisons et l’impuissance de se sentir pris dans une phase qui demande tellement d’énergie, sans savoir comment en sortir.

Le mot-clé du coach pour passer à travers : la structure. Celle qu’on établit sciemment et qui nous permet de ventiler, de se sentir en équilibre. Les exemples cités en discussion hier sont de bons éléments de structure qu’on met autour de soi pour se sentir solide à travers le changement. J’ajouterais à cela : les gens (People! People! People! Comme le disait Richard Branson dans son clip des 60 ans à propos de la clé du succès). Ceux qui comptent dans notre vie et à qui on se confie. Nos modèles à suivre, comme à éviter. Que ce soit parents, amis, coach, on a besoin dans le changement d’un miroir pour savoir si on est la même personne qu’avant ou si ce n’est que l’environnement tout autour qui change. Ce besoin d’être rassuré, de se sentir compris, accepté et finalement. On sort vainqueurs du changement quand finalement on retrouvé le sens de sa propre existence dans une situation donné aux inconnues multiples. Après un certain temps, après avoir franchi toutes ces étapes, on finit, disons-le aussi, par changer. Est-ce que ce serait ce qui est le plus épeurant ultimement? Ça dépend peut-être des personnes. Je pense toutefois que le fait d’avoir gardé le contact avec soi pendant le changement, tout en étant authentique à soi-même, tout comme avec les autres, permet à tous de progresser dans la même direction et de bénéficier du changement.

Je suis venue en Chine avec un but précis, celui de commercialiser mon travail d’artiste pendant deux ans. J’avais tellement de questions sans réponses, tellement d’inconnues par rapport à mon nouveau travail que je me formais au fil des jours sans savoir si j’allais me rendre de l’autre côté du fil de fer que j’ai moi aussi traversé. Je peux dire aujourd’hui que le changement a l’avantage de permettre de se réinventer. Mais attention! Pas dans le sens de devenir une autre personne que soi. On se réinvente plutôt dans la mesure où on reste fidèle à soi-même, donc en devenant de plus en plus près de son essence. C’est ainsi que je me sens. Mon discours intérieur est devenu : ‘J’ai le droit d’être qui je suis où je suis’. Ainsi, au lieu de tomber d’un fil de fer à l’autre, je me sens monter dans les airs. Mon aventure ici a commencé avec une chanson de Céline ‘Taking Chances’. Aujourd’hui, j’ai vu la sortie de son nouveau clip ‘Voler’. Pour moi, la musique est un autre moyen de passer à travers le changement et je me fais un devoir d’en écouter de la nouvelle, question de toujours me rapprocher de ce que je recherche le plus: vibrer. Vive le changement, parce qu’il nous garde en vie.

Partagez vos idées sur le changement en écrivant vos commentaires dans l’espace ci-bas.

Prochaine aventure à suivre: compétitions extrêmes de kayak au Népal (3-4-5 décembre) et première rencontre avec les Himalayas.

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3 réflexions sur “L’éloge du changement

  1. Merci Stéphanie pour ce partage .. j’ai eu beaucoup de changements dans ma vie .. surtout au niveau professionnel … j’ai toujours fait le grand saut sans me poser trop de questions .. sachant que si je sautais allègrement c’était parce que j’avais choisi ces changements et je savais que je mettrai tout en oeuvre pour que coûte que coûte .. je gagne mon pari .. la différence c’est que je suis toujours restée en eaux connues ..;toi tu as fait le grand saut dans le vide … je te félicite te souhaite beaucoup de joies encore … rester authentique partout et toujours c’est aussi mon challenge..
    Je te souhaite une descente magique en Himalaya !!! comme une sirène dans l’eau … les pieds en éventail !
    Bonne suite et à bientôt pour tes exploits !! Claude le Gasconne !

    • Merci Clode pour cette reconnaissance. Je te sais aussi très déterminée (et j’adore ton sens de l’humour), si je me fie à tes posts sur aquarellissime. Lâche pas!

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