Le secret pour peindre sans pinceau


De retour à Shanghai, je partage avec vous le secret pour peindre sans pinceau, cette question qui m’a été mille fois posée (avec raison) par mes clients, élèves et tout le monde en général.

Déverser les couleurs!

J’ai repris du service cette semaine, après être passée à travers les désagréments de 13h de décalage horaire…décidément, à cela, on e s’y fait pas! Depuis samedi, j’ai eu une bonne semaine. Un journaliste de l’Actualité est venu pour faire une entrevue sur moi, un petit portrait à paraître en mars (avis aux intéressés). Ensuite, j’ai peint en public dans le quartier Taikan Lu lundi, sous le format : démo-show… C’était ma première séance de la sorte, organisée. Parce que des séances en public, j’en ai fait tout plein à date dans les parcs, entourée de chinois. Je me suis fait prendre en photo bien des fois, mais jamais on ne m’a envoyé les images, désolée pour les curieux! En fait, depuis mon arrivée ici, j’ai cette idée de peindre en public toutes les toiles figuratives que je mettrai dans mon exposition..ou mes expositions, puisque maintenant, je ne resterai pas deux ans, mais plutôt trois en Chine! Décision de mon conjoint et moi avec laquelle on est heureux. Donc je disais, l’idée des démo-show étant de démontrer au public que mes toiles sont réellement faites à 80% (sinon à 100%) sans pinceau. Mais, pour y arriver, je devais surmonter mon blocage de dessin qui a duré quoi? Presque dix mois? Bon, ça m’a permis de me découvrir dans l’abstrait et, comme toute chose peut être constructive, et bien j’ai développé ce nouveau langage qui servira ma première exposition.

Donc, mon idée de démo-show ne date pas d’hier mais, pour qu’elle se concrétise, il fallait
1. que j’en parle à du monde pour qu’ils viennent y assister –le courage de « vendre » un nouveau produit et de le faire connaître
2. que j’aie leur intérêt et leur adresse courriel pour pouvoir les inviter, le moment venu — le courage de leur offrir et peut-être aussi de recevoir un refus
3. que j’aie une toile prête, donc avec un dessin planifié avec de la gomme réserve (tiens, mon autre secret!) pour que puisse s’exécuter devant les spectateurs l’eau et les pigments (comme sur la photo ci-haut).–le courage de me mettre au travail et d’avoir confiance
4. que j’aie un endroit qui me branche pour que « le show » ait lieu–le courage de me trouver un partenaire d’affaires et de faire valoir nos valeurs en commun.

Mon idée a fait son chemin, et les démarches aussi. Il m’a fallu un an pour tout mettre ça en place, en raison des nombreux voyages que j’ai fait autour du globe et du terrain à explorer, Shanghai en l’occurrence. C’est donc au restaurant Origin que ça eu lieu, un resto bio-écolo à mon goût, branché, dont le proprio français a vécu un an à Sherbrooke!

Ainsi, la toile du Palais d’été (une scène de Beijing) a pris naissance lundi dernier modestement, mais non sans plaisir, devant quelques personnes. Vous voulez savoir combien? Je veux bien le dire, sauf que je vous avise tout de suite : il faut un début à tout. Sur une trentaine de personnes invitées trois jours à l’avance, trois sont venues. Je le dis avec un sourire, et non avec déception. Elles étaient ravies d’être là et leur soutien pour moi compte tout autant que si elles avaient été trente. J’ai bien hâte aux prochaines qui cette fois, seront annoncées cinq jours à l’avance. Je fais des tests! Le marché ici est particulier et y’a que mon flair pour me dire comment l’aborder.

Mardi, j’ai une équipe de décorateurs qui est venue poser des lattes de métal à lisière pour accrocher mes toiles, tout le tour de l’appartement où mon studio est. Ils sont partis en laissant pendouiller à la verticale les crochets amovibles montés sur des fils de métal. Ça sent l’exposition, y’a pas à dire! J’ai de plus en plus hâte! Les préparatifs sont en branle, la liste d’invités est en route.

Aujourd’hui, je donne mon premier atelier de peinture indirecte aux gens du Shanghai Expatriate Association. Ça c’est la preuve qu’ici, ça prend du temps faire des affaires, même entre expat. Ça fait un an que je fais des représentations auprès d’eux, que j’en parle à plein de monde. Enfin, avec de la persévérance et de la patience, ils ont acheté l’idée et devinez quoi? L’atelier est plein à 16 personnes avec une liste d’attente! Alors hier, j’ai préparé mon matériel et ce matin, je prends tout mon bataclan et je me dirige en taxi- zuduche- 的士 sur Taikan Lu pour tripper avec cette nouvelle gang. Ceux qui ont fait des ateliers avec moi déjà et qui lisent ces lignes savent à quel point j’aime animer ces ateliers et aussi comment c’est différent, à chaque fois.

Ah et puis à travers tout ça, j’ai peint trois toiles cette semaine dont une avec laquelle je suis tombée en amour. Une femme en feu qui danse. Qui a dit que peindre sans pinceau ne pouvait pas donner de l’art figuratif? Patience, tout ça sortira le 15 avril!

La semaine n’est pas finie. Et vous, que faites-vous de la vôtre?

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6 réflexions sur “Le secret pour peindre sans pinceau

  1. Bravo Stéphanie !! il t’en faut du courage et de la détermination pour accomplir ce que tu d&sires … petit à petit l’oiseau fait son nid et je vois qu’il commence à te pousser des plumes !!
    Tu ne seras pas étonnée de ce discours .. tu commences à me connaître je te salue depuis la France .. fin fond de la Gascogne ..Pays de Dartagnan mon aieul !!

    • Clode,

      Merci pour cet appui et l’enthousiasme qui s’en dégage. L’oiseau apprend actuellement à voler. Il observe et fait aller ses ailes…le grand saut viendra je l’espère, dans les prochains mois.

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