Aaah! Le Québec


C’est la fête de mon Québec aujourd’hui. Une fête qui prend un sens différent, parce que je suis à l’autre bout du monde, parce que ma langue, je ne peux pas la parler avec autant de monde, à chaque jour, parce que dans les lieux publics, tout se passe en chinois. Je vous fais un résumé de ma visite au Québec mais avant, je vous parle de la Saint-Jean en Chine!

Bonne fête Québec

Pas de farce. On s’est retrouvés une centaine de Québécois chez Julie’s, le seul restaurant québécois à Shanghai. Il appartient à Marcel Morin, un homme d’affaires originaire de Québec. Je l’avais rencontré à mon arrivée dans la mégapole, en janvier 2009, à l’assemblée générale annuelle de la Chambre de commerce canadienne à Shanghai. Quelques semaines après, il m’a acheté deux giclés (Poudreuse de fin de journée et À pêche su’l Fjord), qu’il a affichés dans son restaurant, avec ma description d’artiste, en trois langues (français, anglais et chinois).

Marcel a non seulement été mon premier client en Chine, mais c’est aussi grâce à lui que j’ai pu renouer avec ma passion de l’eau, au pays du dragon. En effet, lorsque je suis allée lui livrer ses giclés, à son restaurant de Pudong en mars dernier, j’ai traversé à pied un canal, à côté du Shanghai Science and Technology Museum. Le cœur tout mou, la lip tombante, j’avais eu une sorte de vague de nostalgie, en voyant ce canal, ce terrain de jeu dont je ne pouvais même pas profiter. J’ai dit à Marcel : « Tu sais pas combien je payerais pour pouvoir pagayer sur « ton » canal en face de ton resto. Je viens de réaliser que je m’ennuie vraiment de pagayer. » Il m’a répondu : « Vraiment? J’ai une gang de canadiens qui viennent chez nous à tous les samedi, après leur séance de bateau dragon. J’ai juste à te mettre en contact avec eux! » J’en revenais pas. J’ai appris à ce moment qu’une passion, c’est une prison. Le jour où t’arrêtes de pratiquer ta passion, tu deviens triste.

Le samedi d’après, j’étais assise dans cette grande chaloupe à 20 places. Quand le capitaine, un type d’origine allemande m’a demandé de quel bord je voulais pagayer, je lui ai dit que ça m’importait peu. Je n’ai pas montré ou dit que je suis une kayakiste d’eau vive et que la pagaie, je sais en faire mon affaire. Pour faire une histoire courte, je me suis fait démasquer au bout de trois semaines (sacré Google!). J’ai fait une course à Wuxi et je me suis fait de nouveaux copains. Des canadiens, des Chinois, des Américains, des Singapouriens (c’est comme ça qu’on les appelle?). Vive l’eau!
Aujourd’hui, donc, je célèbre la fête nationale de ma terre natale. Celle qui sent la verdure, celle où mon cœur vibre. Je me demande parfois quelle est ma place dans ce Québec. Quelle différence je veux faire, comme individu, en considérant mes forces, mon expérience. J’espère laisser une trace, pour que ceux qui suivent aillent encore plus loin dans cette direction. Je célèbre en me remémorant les poèmes de Félix, en parlant ma langue avec mes copains Québécois en Chine. Et puis je chante. La plus belle chanson que j’ai entendue et qui rend hommage au Québec à mon avis, elle est interprétée par Lara Fabian, sur son album 9. La chanson s’intitule Je me souviens. Les paroles et la chanson peuvent être entendus à cette adresse : http://www.lyricstime.com/lara-fabian-je-me-souviens-lyrics.html

De la Chine, ça me donne des frissons. J’espère que dans votre salon aussi. Merci à Lara. Bonne fête Québec!

Le Québec, ma terre natale

En débarquant de l’avion à Dorval, il y a six semaines, j’ai rempli mes poumons de l’air frais du Québec. L’odeur du Québec! C’est quoi? Le Québec, ça sent la verdure, la terre fraîche, avec une note de boisé plus ou moins forte, dépendamment qu’on soit à Montréal, à Québec ou au Saguenay. La sensation de retrouver ma terre natale m’a fait me sentir en vie. Il fallait bien que je me remplisse d’énergie pour accomplir tous mes engagements.

J’ai trimballé mes pénates pendant trois semaines au Québec, sans jamais coucher trois nuits à la même place. L’horaire était chargé : j’ai eu le bonheur de rencontrer plus de 1500 jeunes à Montréal, à Québec et à Alma, lors des douze conférences que j’ai données pour Équipe Québec. J’y présente mon sport, je raconte comment j’ai commencé à faire du kayak, moi qui, enfant, n’aimais pas le sport. Puis je leur raconte comment et surtout pourquoi j’ai décidé devenir une athlète un jour. Je les fais rire, je les touche, je leur parle avec mon cœur en me révélant dans mes meilleurs comme dans mes moins bons moments. Bref, je me montre humaine et les enfants sont d’une écoute attentive. Je les remercie d’ailleurs de leur attention, de leur accueil chaleureux et j’en profite pour les saluer, de même que le personnel de leur école.

Merci aussi à la YWCA de Québec, où j’ai fait ma première conférence devant un groupe exclusivement de femmes (j’ai promis de ne pas révéler la présence de trois hommes…oups!). L’histoire que je raconte est la même, qu’on le veuille ou non. Il n’y a que la profondeur des enjeux, de même que les liens entre l’eau vive et la vie en général qui diffèrent. Je parle aussi du coaching, qui pique toujours la curiosité des gens : qu’est-ce que le coaching apporte à une personne, pourquoi on fait appel à un coach, etc.?

J’ai décidé de devenir coach en 2007, après avoir moi-même été coaché par une nouvelle copine de l’époque, devenue aujourd’hui ma grande amie que je salue, Manon Jutras, ex-cycliste et olympienne. Le coaching de Manon m’a permis de reconnaître mes réalisations dans le monde du sport d’eau vive, de profiter de mes acquis et de faire une transition vers ma carrière artistique tout en me sentant en paix avec moi-même. Aujourd’hui, j’achève ma formation de coach et je continue de bénéficier du support de coachs, par l’entremise du corpus d’étudiants auxquels j’appartiens.

Du Québec aux États

J’ai animé un atelier d’aquarelle au Manoir du Lac-Delage, où j’ai enseigné comment peindre sans pinceau à une quinzaine de femmes, que je salue également pour l’intensité avec laquelle elles se sont laissées aller dans cet atelier (le prochain aura lieu du 10 au 14 août au Manoir du Lac-Delage). Certaines avaient déjà expérimenté cette technique avec moi ou ailleurs, d’autres vivaient cette expérience pour la première fois. Dans mes ateliers, il y a toujours, depuis trois ans maintenant que j’enseigne, des personnes qui pleurent de joie, devant la beauté de leurs accomplissements et de leurs réalisation. Tout ça, seulement qu’avec un bout de papier, de l’eau et trois couleurs : le jaune, le rouge et le bleu.

Puis, je me suis rendue au États-Unis pour y faire la même chose. Au Michigan, dans le patelin de Roland Roycraft, mon mentor. Le Michigan est ma destination estivale, depuis 2003. Parce que Roland a 92 ans et qu’il n’est plus en mesure de peindre tout en se tenant debout, il n’est plus intéressé à jouer avec l’eau et les pigments. En effet, pour peindre sans pinceau, il faut pouvoir danser avec l’eau. Un bel apprentissage pour tous les adeptes.

Au Kentucky (l’état des courses de chevaux, dont Lexington, la principale ville après Cincinnati, a été nommée d’après le nom d’un cheval de course), j’ai eu droit à tout un accueil. Les participants m’attendaient de pied ferme. Un groupe d’artiste, dont quelques uns professionnels, deux professeurs universitaires d’art, tous des artistes aguerris, curieux d’en savoir plus sur la manière de peindre des paysages sans pinceau. Une vingtaine de femmes, un homme, du plaisir à revendre. J’ai eu l’impression là-bas que, où que je soies dans le monde, si je fais ce que j’aime le plus, je serai toujours bien reçue et surtout, heureuse.

Mon ultime défi pour ce séjour en Amérique, ça été d’y donner mes deux premières conférences en anglais, au Michigan et au Kentucky. Surtout la première, au Mills Community House à Benzie County. Je voulais mourir de stress. Je m’étais bien préparée (merci à Alison Korn, copine, olympienne et journaliste au Toronto Sun pour son coaching) mais honnêtement, je me demandais bien en quoi mon histoire pouvait bien les intéresser. « Aie confiance » qu’Alison m’a dit. Ma voix intérieure me disait « il n’y a pas d’erreur ». L’autre voix elle, n’arrêtait pas de me dire «  Et si personne ne te comprend, à cause de ton accent ? » J’ai dû concilier mes deux voix, les faire se rencontrer pendant quelques marches que je suis allée prendre dans le verger, derrière chez Roland. Là, les quelques hectares au centre desquels je me trouvaient, m’ont donné l’impression de posséder un espace que jamais auparavant je n’ai senti. Quel contraste avec la Chine, ai-je pensé, où j’ai peine à trouver un mètre carré juste pour moi! Chaque matin, la bruine s’évaporant en même temps que le soleil montait, je voyais ces pommiers comme des milliers personnes qui m’écoutaient attentivement. C’est ce qui s’est produit. Tout s’est finalement très bien déroulé. J’ai rencontré des gens qui avaient besoin d’inspiration, d’autres qui étaient curieux, d’autres qui partageaient le même goût de la vie que moi. Et j’Ai eu une invitation, à y retourner l’an prochain.

Retour en Chine

Après 17 heures de vol entre Toronto et Shanghai, j’ai eu le temps de décanter mes émotions et de repenser à mes différentes aventures. Avant de débarquer, on a eu droit à une heure d’attente, le temps nécessaire pour qu’une escouade d’astronautes costumés blanc, appareillés de lunettes et d’un masque respiratoire, prenne notre température. H1N1 oblige!! N’empêche, tout le monde s’est bien bidonné de cette mesure de précaution (peut-être un peu abusive?!) et les cosmonautes vont sans doute se retrouver sur Facebook ou à quelque part d’autre sur le Web, si je me fie au nombre de personnes qui les ont pris en photo, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Je suis rentrée en Chine le sourire aux lèvres. La chaleur humide, l’odeur d’une ville bondée de gens, de voitures et de tout ce qui va avec. J’ai eu un flash de mon premier voyage en Chine, l’an dernier à peu près à pareille date. C’était un voyage de reconnaissance, pour voir  dans quoi j’avais décidé de m’embarquer, avec mon conjoint. Sauf que cette fois-ci, je ne suis pas en vacances, ni en visite : j’habite ici. Je me sens en terrain connu. J’aime Shanghai et Shanghai est bonne pour moi. Un signe qui me fait dire cela : j’ai malencontreusement oublié mon ordinateur portable dans le taxi. En rentrant chez moi, je m’en suis rendue compte. Prise de panique (non mais c’est ma vie et mon travail qui sont dans ça après tout), je suis allée au bureau de la sécurité de mon immeuble pour leur expliquer qu’il devaient téléphoner au chauffeur, qui m’avait gentiment laissé sa carte pour que j’aie recours à ses services une prochaine fois que je voudrai me rendre à l’aéroport. Ça, je sais faire en chinois. Mais parler au téléphone par contre, je ne suis pas rendue là. Dans une ville de 17 millions d’habitants, quelles étaient les chances que je retrouve mon portable d’après vous? J’ai prié Saint-Antoine, je l’avoue. Eh bien le chauffeur est revenu après son shift, à 10h le soir, me porter en mains propres le portable. Il n’a jamais voulu le laisser aux gars de la sécurité de l’immeuble, avec qui j’avais pris entente. Ce qui me fait dire que du bon monde, il y en a partout.

Je reprends mes dossiers là où je les ai laissés. J’ai fait mon premier cours de chinois aujourd’hui. Monsieur Peng attend mon appel. Il m’a félicité pour ma toile qui est finaliste au concours national de peinture, au Canada, Le Spectacle vu d’en haut. Au fait, cette toile abstraite représente à mes yeux le regard d’un personnage sur un spectacle qui se déroule sous ses yeux. Le visage est apparu dès le début, lorsque j’ai déversé le jaune. Puis, en déversant le rouge, j’ai cru que je l’effacerais. Non. Il est resté. Le décor, c’est l’espace. Le spectacle, c’est celui des artistes du Cirque du Soleil. Ça vous dit quelque chose? Quand j’ai fait la toile, en février 2009, je ne savais pas que Guy Laliberté irait dans l’espace en septembre. J’ai été frappée par cette coïncidence. D’autant plus que mon croquis de base ne prévoyait aucun spectateur du haut des airs, que des acrobates. J’ai totalement perdu le contrôle pendant la création, en me disant qu’au pis allé, j’aurai eu du fun à la faire. Et c’est ce qui s’est produit. Cette toile a été faite à 100% sans pinceau. J’ai pris beaucoup de risques en la faisant, en acceptant d’être totalement guidée (quoi que le feeling était plutôt « possédée ») par mon pouvoir créatif. Je saurai en septembre si j’ai remporté le concours et les gens pourront aller la voir d’ici là au festival Rêves d’automne à Baie Saint-Paul cet été. Au fait, cette toile s’illumine dans le noir, when the show must go on!

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Une réflexion sur “Aaah! Le Québec

  1. J’ai lu avec grand intérêt le récit de ton passage en Amérique et je souhaitais relever un passage qui m’a particulièrement intéressée lorsque tu parles de ta relation avec tes jeunes auditeurs;

    Puis je leur raconte comment et surtout pourquoi j’ai décidé devenir une athlète un jour. Je les fais rire, je les touche, je leur parle avec mon cœur en me révélant dans mes meilleurs comme dans mes moins bons moments. Bref, je me montre humaine et les enfants sont d’une écoute attentive.

    Leur écoute attentive est JUSTEMENT due à ton AUTHENTICITÉ. Les enfants te respectent pour ce que tu as réalisé, oui, mais SURTOUT pour ce qu’ils voient et sentent de toi. Les jeunes sont les meilleurs décodeurs qui soient. Si tu n’étais pas « vraie », ils ne t’écouteraient pas avec autant d’ardeur et tu ne les toucherais pas autant, alors que là, ton message doit passer en tabarouette!!! Bravo! Très peu de gens savent faire avec les jeunes: toi tu les respectes en restant toi-même et ils le ressentent!

    Tes textes, comme ton site, mettent beaucoup de lumière et de soleil dans le noir… Je te fais également remarquer, puisque tu as parlé de cette étrange coïncidence de ton inspiration et du voyage à venir de Guy Laliberté, que ton fond d’écran est aussi noir que le noir trans-sidéral!!! Et que ta toile apparaît, haute en couleurs, pour illuminer et réchauffer ce ciel, comme le font le cirque, la magie et… la planète bleue dans un univers sombre, hostile et froid… Je ne crois pas qu’il s’agisse de hasard…

    Je te souhaite encore de très bons moments en CHINE, dans Shanghai qui t’a adoptée. (Comme le dirait Amélie Nothomb: On ne vit pas en Chine, c’est la Chine qui nous accueille…).

    Bonne journée et au plaisir!

    Dominique Fournel

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